Syrie : l’ONU appelle à répondre aux besoins humanitaires énormes

19 juillet 2019

Najat Rochdi, conseillère humanitaire auprès de l’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, a réitéré son appel aux États membres pour qu'ils soutiennent les priorités humanitaires immédiates de l'ONU pour ce pays.

Un appel répété lors de la réunion du groupe de travail humanitaire du Groupe international de soutien pour la Syrie (GSE) qui s’est tenue jeudi à Genève.

Mme Rochdi a souligné que les besoins humanitaires sont énormes en Syrie. L’ONU estime que 11,7 millions personnes ont besoin d'assistance, dont 5 millions se trouvent dans une situation extrêmement précaire.

« Une intensification alarmante de la violence se poursuit dans le nord-ouest de la Syrie », a-t-elle ajouté. « Au moins 350 civils auraient été tués lors des récentes hostilités dans la zone de désescalade d’Idlib. Quelque trois millions de civils manquent de protection et font face à une détérioration de la situation humanitaire. Plus de 330.000 personnes ont été déplacées et 30.000 se sont déplacées vers des zones contrôlées par le gouvernement ».

La haute fonctionnaire onusienne a signalé que les attaques contre les infrastructures civiles se poursuivent, y compris contre les établissements de santé, 35 d’entre eux ayant déjà été confirmés cette année.

Najat Rochdi a fait écho à la condamnation par le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, des attaques contre les infrastructures civiles qui incluaient récemment l'un des plus grands hôpitaux de Maarat al Numan. Les coordonnées avaient pourtant été partagées avec les parties au conflit par le biais du mécanisme de désaccord du système des Nations Unies.

« Les frappes aériennes contre les civils et les infrastructures civiles - y compris les établissements de santé et les travailleurs humanitaires - sont absolument inacceptables et peuvent constituer des crimes de guerre », a dit la conseillère humanitaire.

Des morts parmi les civils victimes de frappes aériennes ont également été récemment signalés dans le village de Takihi, dans le district de Deir ez-Zor, à l’est du pays.

« Même la lutte contre le terrorisme doit être entièrement conforme au droit international humanitaire et relatif aux droits humains, et les auteurs de violations graves du droit international doivent être traduits en justice », a rappelé Mme Rochdi

La situation dans le camp d’Al-Hol est insoutenable

Najat Rochdi a expliqué que la situation dans le camp d'Al Hol, dans le nord-est de la Syrie, est insoutenable pour environ 70.000 personnes, dont la grande majorité sont des femmes et des enfants syriens et iraquiens.

Les droits et l'intérêt supérieur des enfants doivent être mis au premier plan du processus décisionnel, a-t-elle dit. « Je réitère l’appel récemment lancé par l’UNICEF pour améliorer l’accès humanitaire et la protection des enfants, notamment par la réintégration dans les communautés locales et le retour dans leur pays d'origine en toute sécurité, conformément au droit international humanitaire et aux normes internationales », a-t-elle ajouté.

Les conditions sont également désastreuses dans le camp de Rukban. Quelque 16.600 personnes ont quitté Rukban, mais environ 25.000 personnes restées sur place ont toujours besoin d'une assistance humanitaire et d'une protection.

Dans le sud du pays, les partenaires humanitaires ont exprimé leur préoccupation face au nombre croissant d'incidents liés à la sécurité à Daraa et al-Sweida. Najat Rochid a appelé toutes les parties concernées à stabiliser la situation dans ces régions.

 

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