La fin d’une mission de l’ONU dans un pays ne doit pas faire retomber les efforts de consolidation de la paix

18 juillet 2019

Les phases de transitions liées au départ ou à la reconfiguration d’une mission des Nations Unies dans ne doivent pas être négligées, a indiqué jeudi le chef de l’ONU.

« Les missions politiques spéciales et les opérations de maintien de la paix des Nations Unies comptent parmi nos outils les plus efficaces pour promouvoir et maintenir la paix et la sécurité internationales. Mais elles sont temporaires », a rappelé le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la consolidation de la paix. « Nous nous concentrons davantage sur les moments de transition, lorsque nos missions sont reconfigurées ou quittent un pays ».

M. Guterres a rappelé que la phase de transition dans laquelle entre une mission de l’ONU est généralement le résultat d'un progrès vers la paix. « C’est un moment d’espoir, de potentiel et de promesse ; une occasion de réengager et de redynamiser notre engagement », a-t-il dit. Selon lui, l’’heure est venue d'aider les gouvernements à mettre en œuvre des politiques et des programmes qui s'attaquent aux causes profondes des crises et des conflits et de placer le Programme de développement durable à l'horizon 2030 au centre des efforts.

Mais les transitions de mission posent également des risques, a prévenu le Secrétaire général. « La communauté internationale accordera peut-être moins d'attention au pays concerné », a-t-il dit. Les gains stratégiques obtenus au cours de décennies de soutien international peuvent être en jeu. Et les pertes en vies humaines, la dévastation économique et le renversement des acquis en matière de développement causés par une reprise du conflit peuvent aller bien au-delà des frontières d’un pays.

« Nous devons tirer des enseignements des exemples précédents, notamment ceux du Timor-Leste et de la Côte d’Ivoire, qui fournissent des enseignements importants sur le partenariat et la continuité », a souligné M. Guterres.

L’ONU ne peut pas gérer et ne gère pas seule la transition d’une opération de paix

Le rôle des Nations Unies dans les processus de transition doit être global et cohérent, et s'articuler de manière intégrée pour s'attaquer aux facteurs de conflits interdépendants et souvent persistants : pauvreté, exclusion, inégalités, discrimination et violations des droits de l'homme, exacerbés par le changement climatique et les déplacements de populations.

M. Guterres a indiqué que le processus de réforme en cours de l’ONU permet un engagement accru, en soutien aux efforts nationaux, déployés tout au long du continuum de paix, depuis le déploiement d'une mission de maintien de la paix jusqu’au retrait et à la reconfiguration d'une mission politique. « Mais l’ONU ne peut pas gérer et ne gère pas seule la transition d’une opération de paix. De nombreuses autres institutions et groupes sont impliqués », a-t-il dit. Si les gouvernements sont les principaux partenaires de l’ONU dans ces processus, les bailleurs de fonds, les organisations internationales et régionales, les institutions financières internationales, la société civile, les institutions locales et le monde des affaires ont tous un rôle essentiel à jouer.

« La nature changeante de notre appui nous incite davantage à collaborer, à communiquer et à participer à un effort collectif dans lequel chacun a un rôle à jouer et un enjeu de réussite », souligne le chef de l'ONU

La nature changeante de notre appui nous incite davantage à collaborer, à communiquer et à participer à un effort collectif dans lequel chacun a un rôle à jouer et un enjeu de réussite - António Guterres

M. Guterres estime que des partenariats solides entre l’ONU et les organisations régionales, les organisations sous-régionales et les institutions financières internationales, telles que la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, sont utiles dans les processus de transition. De tels partenariats peuvent aider à « éviter une chute soudaine de l’appui » lorsque que la présence d’une mission onusienne est reconfigurée.

« Nous avons déjà des modèles efficaces pour informer les processus de transition. Par exemple, en 2016, l'ONU, la Banque mondiale et l'Union européenne ont aidé le gouvernement de la République centrafricaine à élaborer un plan national de redressement et de consolidation de la paix. Les donateurs ont promis 2,2 milliards de dollars pour le mettre en œuvre ».

Plus tôt cette année, M. Guterres a fait des phases de transitions l’une des priorités de l’ONU et a consacré une attention particulière aux contextes de transition dans plusieurs pays. En Haïti, par exemple, les piliers de la paix et du développement des Nations Unies ont formulé une approche commune pour soutenir l'Etat de droit et les institutions de gouvernance depuis la création du MINUJUSTH en 2017. L'équipe-pays présente sur place finalise actuellement un ensemble de projets dans les domaines prioritaires identifiés par le gouvernement haïtien, dont certaines seront financées, pour la première fois en Haïti, par le Fonds pour la consolidation de la paix. « En collaboration avec l'Union européenne, nous avons alloué 12 millions de dollars à l'initiative Spotlight pour lutter contre la violence sexiste au cours des trois prochaines années », s’est félicité le Secrétaire général.

Réforme du désarmement et de la sécurité, processus de réconciliation et de reddition des comptes, lutte contre la corruption : les pays qui se relèvent après un conflit peuvent faire face à des défis urgents et complexes. Ils ont besoin d’un soutien multiforme pour construire un leadership politique, consolider des institutions fortes et inclusives, assurer la primauté du droit, défendre les droits de l’homme et l’égalité des sexes et promouvoir le développement durable. Toutes ces actions visant à s’attaquer aux causes profondes des conflits.

« La justice transitionnelle et la responsabilité pour les crimes graves et les violations des droits de l'homme sont essentielles pour assurer une paix durable », a également rappelé M. Guterres.

Le cadre de coopération pour le développement durable des Nations Unies est un outil central d'appui multilatéral sous la direction d’un système de Coordonnateurs résidents renforcé et doté de pouvoirs accrus. Les bureaux politiques régionaux de l’ONU aident également les coordonnateurs résidents et les équipes-pays des Nations Unies à consolider les acquis de la consolidation de la paix dans la phase post-mission. Les bons offices fournis par le Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel ont été essentiels pour résoudre la crise politique au Libéria après les élections présidentielles de 2017.

 

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