L’extraction des ressources naturelles alimente les violations des droits de l’homme (experte de l'ONU)

8 juillet 2019

L’extraction de ressources naturelles par l’industrie inflige régulièrement de graves violations des droits de l’homme aux minorités raciales et ethniques, aux peuples autochtones et à d’autres groupes marginalisés, a déclaré une Experte des droits de l’homme des Nations Unies sur le racisme.

La Rapporteure spéciale des Nations Unies sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée, E. Tendayi Achiume, a indiqué que « les États puissants - y compris ceux devant compter encore avec leur héritage colonial de ces activités extractives - doivent s’engager à défaire les structures de subordination et d’inégalité qui persistent » dans l’économie extractive. Cette économie comprend l’extraction de combustibles minéraux et fossiles, ainsi que la monoculture de grandes exploitations agricoles, forestières et de la pêche.

Dans son rapport sur les inégalités raciales et la discrimination résultant de l’héritage colonial des activités d’extraction dans le monde qu’elle a soumis au Conseil des droits de l’homme, l’experte onusienne a ainsi établi un lien entre l’économie extractive contemporaine et l’histoire raciste de « l’extractivisme coloniale ».

« Les États puissants et leurs sociétés transnationales, ainsi que les élites politiques d’États plus faibles qui sont des territoires d’extraction, apparaissent clairement gagnant », a-t-elle fait valoir. Selon la Rapporteure spéciale, l’ampleur des avantages pour les entreprises de l’économie d’extraction est « renversante ». « Dans le même temps, les peuples qui ont été colonisés dans le passé sur la base de fausses déclarations d’infériorité raciale continuent de supporter aujourd’hui les coûts les plus importants de l’économie d’extraction », a-t-elle dénoncé.

Pour des réformes tenant compte de l’égalité raciale

Le rapport de l’experte onusienne indique que de nombreuses populations, y compris une grande partie des pays du Sud, des minorités raciales et ethniques, des peuples autochtones et d’autres groupes marginalisés continuent de se voir refuser une part équitable du développement et des avantages économiques de l’extraction de ressources naturelles. Ces groupes sont également victimes de violations flagrantes des droits de l’homme, notamment du droit à la vie, le droit à l’égalité raciale et à la non-discrimination. Ils sont également victimes d’abus sur le droit à la santé et à un environnement sain, à la liberté de parole et de réunion, à la participation aux processus politiques ainsi qu’à des conditions de travail justes et favorables.

Dans ses recommandations, le rapport exhorte les États à intégrer l’analyse de fond des droits à l’égalité raciale, à l’égalité des sexes et à la non-discrimination dans leurs réformes, leur réglementation et leur évaluation de l’économie d’extraction. Selon Mme Achiume, tous ceux qui participent à l’économie d’extraction devraient rejeter une approche aveugle aux questions de race et de genre qui ignore la discrimination raciale structurelle et individualisée persistante dans le fonctionnement d’une telle économie.

L’experte onusienne demande aux États, aux entreprises, aux organisations multilatérales et aux acteurs des droits de l’homme de prendre « au sérieux l’approche de fond de l’égalité raciale » énoncée dans son rapport. Ils doivent « s’attacher à réduire l’impact de la race, de l’appartenance ethnique, de l’origine nationale et du genre sur la situation des droits de l’homme de nombreux acteurs de l’économie d’extraction », a conclu la Rapporteure spéciale.

 

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