Michelle Bachelet dénonce l’érosion des institutions et de l’Etat de droit au Venezuela

5 juillet 2019

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a affirmé vendredi à Genève que les principales institutions et l’Etat de droit au Venezuela ont été « érodés ».

« Comme notre rapport l’indique clairement, les institutions essentielles et l’Etat de droit au Venezuela ont été profondément érodés », a déclaré devant le Conseil des droits de l’homme, Michelle Bachelet, lors de la présentation de son rapport sur le Venezuela, publié la veille.

Au Venezuela, « l’exercice de la liberté d’opinion, d’expression, d’association et de réunion, et du droit de participer à la vie publique, comporte un risque de représailles et de répression », a souligné la Haut-Commissaire. « Notre rapport fait état d’attaques contre des opposants, réels ou supposés, et des défenseurs des droits humains, allant de menaces et de campagnes de diffamation à la détention arbitraire, à la torture et aux mauvais traitements, à la violence sexuelle, aux meurtres et aux disparitions forcées », a-t-elle ajouté.

Mme Bachelet a également insisté sur le recours d’une « force excessive et meurtrière » utilisé à plusieurs reprises contre les manifestants. Elle a également fait état « d’un recours excessif » à la force dans le cadre d’opérations de sécurité menées par les Forces d’action spéciales « avec de multiples meurtres, principalement de jeunes hommes ». « Nombre d’entre eux peuvent constituer des exécutions extrajudiciaires », a-t-elle relevé.

Le Venezuela critique la méthodologie du rapport et demande la fin du « blocus »

« Le décès en détention d’un capitaine de la marine à la retraite, qui aurait eu lieu après la torture, il y a six jours, est profondément regrettable », a ajouté la cheffe des droits de l’homme, rappelant également « l’ouverture d’une enquête et l’arrestation de deux agents du contre-espionnage militaire dans ce contexte ».

La Haut-Commissaire note, toutefois, que les cas de torture signalés au Venezuela sont fréquents dans le contexte de la détention arbitraire. « Les autorités doivent veiller à ce que les enquêtes soient menées dans le respect des normes internationales, établir les responsabilités et, le cas échéant, offrir des recours pour tous les cas d’allégation de torture », a-t-elle fait valoir.

Face à ce sombre tableau décrit par la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, le gouvernement vénézuélien a dénoncé jeudi les « innombrables imprécisions et erreurs du rapport de Mme Bachelet.

« C’est un document qui ne repose sur aucune rigueur scientifique et qui est émaillé de graves erreurs méthodologiques et qui ressemble à un simple calque des rapports précédents », a déclaré William Castillo, le Vice-Ministre des affaires étrangères du Venezuela. Selon Caracas, le rapport adopte une vision sélective, ouvertement partiale et fait fi dans sa totalité des informations fournies par l’Etat. « Il suffit de mentionner le fait des 558 personnes interrogées, 460 l’ont été à l’étranger. Ce qui signifie que 82% des opinions qui figurent sur le rapport ont été recueillies en dehors du Venezuela », a dit le Vice-Ministre vénézuélien.

Selon M. Castillo, le rapport de l’ONU ne fait aucune mention « des importantes avancées enregistrées au Venezuela en matière des droits de l’homme et ignore les graves conséquences du blocus économique illégal criminel et immoral pour l’ensemble de notre peuple ».

« Le Venezuela n’est pas aveugle à ses problèmes mais tout effort pour les régler devrait partir d’un constat des causes structurelles », a- conclu le Vice-Ministre, tout en demandant « la fin du blocus » contre son pays.

 

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