Sur fond de tension dans le Golfe, l’ONU appelle à préserver l’accord sur le nucléaire iranien

26 juin 2019

L’accord sur le nucléaire iranien, qui a été signé en 2015 après d’âpres négociations, doit être préservé malgré les mesures prises par les États-Unis et l’Iran qui l’ont déstabilisé, a déclaré mercredi la cheffe des affaires politiques de l’ONU aux membres du Conseil de sécurité.

C’est particulièrement vrai au moment où les deux pays poursuivent leur guerre diplomatique au sujet des récentes attaques ayant visé des pétroliers dans le Golfe d’Oman, a déclaré la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies, Rosemary DiCarlo.

L’accord sur le nucléaire, appelé Plan d'action global commun (PAGC), qui a été signé par l'Iran, la Chine, la France, l'Allemagne, la Russie, le Royaume-Uni, les États-Unis et l'Union européenne, définit des mécanismes rigoureux de contrôle des restrictions imposées au programme nucléaire iranien, tout en ouvrant la voie à la levée des sanctions de l'ONU contre Téhéran.

Mme DiCarlo a décrit l’accord comme le résultat de « 12 années d'intenses efforts diplomatiques et de négociations techniques » et un succès majeur du multilatéralisme.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ayant déclaré dans son dernier rapport que l'Iran respectait ses engagements, Mme DiCarlo a déclaré que le chef de l'ONU était préoccupé par la décision américaine en mai de ne pas prolonger les dérogations permettant à Téhéran de continuer à vendre du pétrole. Les États-Unis se sont retirés de l’accord il y a un peu plus d'un an.

Les mesures américaines « pourraient entraver la capacité de l'Iran et d'autres États membres à mettre en œuvre certaines de ses dispositions », a déclaré la cheffe des affaires politiques, ajoutant que M. Guterres regrettait également l'annonce faite par Téhéran en mai dernier, selon laquelle il ne respecterait plus les limites convenues concernant l'uranium enrichi, à moins que d'autres signataires de l’accord acceptent de contourner les sanctions imposées par Washington.

L’Iran a annoncé la semaine dernière qu’il dépasserait au 27 juin les limites convenues concernant l’uranium enrichi. « De telles mesures ne sont pas dans l’intérêt des participants à l’accord et pourraient ne pas aider à le préserver », a déclaré Mme DiCarlo. « Le Secrétaire général encourage l'Iran à continuer de mettre en œuvre tous ses engagements en matière nucléaire en dépit des défis considérables auxquels il est confronté ».

Mme DiCarlo a déclaré que le chef de l'ONU avait salué les initiatives prises par certains pays visant à sauver l'accord. « Il est essentiel que l’accord continue de fonctionner pour tous ses participants, y compris en apportant des avantages économiques tangibles au peuple iranien », a-t-elle ajouté.

L'ambassadeur de l'Iran auprès des Nations Unies, Majid Takht Ravanchi, a déclaré au Conseil que le retrait américain de l’accord et la réimposition de sanctions avaient rendu l'accord « presque totalement inefficace ». « L'Iran seul ne peut pas, ne devrait pas et n’assumera pas toute la responsabilité de préserver l’accord », a-t-il déclaré.

Alors que les puissances européennes s’efforcent de sauver l'accord, l'ambassadeur de l’Union européenne auprès Nations Unies, Joao Vale de Almeida, a averti qu'il n'y avait « pas d'alternative crédible et pacifique » à cet accord.

Jonathan Cohen, ambassadeur américain par intérim, a déclaré que le « mépris de l'Iran envers le Conseil de sécurité et son comportement irresponsable menaçant la paix et la sécurité dans le monde ne doivent pas être minimisés au nom de la préservation d'un accord qui ne bloque pas complètement le chemin menant l'Iran à l'arme nucléaire ».

 

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