Syrie : le chef de l’humanitaire appelle une nouvelle fois à alléger les souffrances des civils

25 juin 2019

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur la situation humanitaire en Syrie, le chef de l’humanitaire de l’ONU, Mark Lowcock, a demandé une nouvelle fois aux acteurs concernés d’alléger les souffrances des civils qui sont affectés par les hostilités, en particulier dans le nord-ouest du pays.

« Semaine après semaine, mois après mois, année après année, le Conseil a été informé des souffrances humanitaires en Syrie. Nous avons à plusieurs reprises plaidé pour la protection des civils, pour un accès humanitaire garanti, pour le respect du droit international humanitaire et du droit international des droits de l'homme par les parties en conflit », a souligné M. Lowcock, notant qu’il s’agissait de la huitième réunion du Conseil consacrée à la situation humanitaire en Syrie en huit semaines.

« Je répète notre appel encore aujourd'hui : allégez la souffrance, sauvez des vies, mettez fin aux combats, respectez la loi », a dit M. Lowcock.

Le chef de l’humanitaire a noté que malgré les efforts pour mettre en œuvre un cessez-le-feu dans le nord-ouest de la Syrie, les affrontements continuent sans relâche, ayant entraîné le déplacement de centaines de milliers de personnes.

Il a précisé que Maarat Al-Numan, dans le sud du gouvernorat d’Idlib, faisait partie des zones régulièrement attaquées et que les partenaires humanitaires travaillant dans le secteur de la santé étaient particulièrement inquiets pour l'hôpital.

Inquiétude pour les ressortissants étrangers du camp d'Al Hol

L’ONU suit également avec inquiétude la situation humanitaire dans d'autres régions du pays.

À Roukban, le long de la frontière syro-jordanienne, quelque 27.000 personnes ont toujours désespérément besoin d’une aide humanitaire. « Nous continuons d'appeler à un accès humanitaire à Roukban, pour pouvoir fournir une aide vitale et à aider ceux qui souhaitent quitter le camp », a dit M. Lowcock.

Dans le camp d’Al Hol, dans le nord-est de la Syrie, les agences humanitaires continuent de répondre aux besoins de 73.000 personnes. Les besoins restent considérables dans les domaines de la santé, de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, entre autres, a-t-il souligné.

Le chef de l’humanitaire de l’ONU a dit être toujours préoccupé par l’accès humanitaire limité à l’annexe du camp où vivent 11.000 ressortissants étrangers. Des enfants de nationalité étrangère auraient été rapatriés, mais des milliers d'autres ressortissants étrangers sont encore confrontés à un avenir incertain, a-t-il noté.

« J'appelle tous les États membres à prendre les mesures nécessaires pour que leurs ressortissants soient rapatriés afin d’être réadaptés et réintégrés, ou pour être poursuivis en justice, le cas échéant, en conformité avec le droit international. J’appelle également les parties sur le terrain à faciliter le retour volontaire ou la réinstallation des Syriens déplacés qui se trouvent dans le camp ».

Le chef de l’humanitaire s’est enfin dit de plus en plus préoccupé par la situation dans le sud de la Syrie où des tensions croissantes, depuis mai, entre les forces gouvernementales et des groupes locaux risquent de raviver le conflit.

 

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