Près de 20.000 migrants secourus par l'OIM dans le désert du Sahara depuis 2016

25 juin 2019

Environ 20.000 migrants ont été secourus dans le désert du Sahara depuis avril 2016 par des équipes de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). La dernière opération remonte au 15 juin dernier, avec le sauvetage de 406 migrants, dont sept femmes et quatre enfants qui étaient bloqués dans le désert du Sahara.

« Cette dernière opération en date est la 189ème mission humanitaire de l’OIM dans le désert du Ténéré au Niger », a déclaré Joel Millman, porte-parole de l’OIM au cours d’un point de presse ce mardi à Genève.

D’après l’OIM, les migrants sont originaires de 14 pays d’Afrique de l’Ouest, principalement de Guinée-Conakry, du Mali et de la Côte d’Ivoire. « Ils ont été transportés dans la ville d’Assamaka où est basée l’équipe de l’OIM », a précisé M. Millman.

Amadou, 27 ans, est originaire du Mali. « Nous avons marché pendant des heures sous le soleil brûlant du désert, sans eau ni idée de notre direction », a-t-il déclaré.  « Soudain, j’ai vu le camion de l’OIM arriver dans notre direction. Ils nous ont donné de la nourriture et de l’eau et nous ont emmenés à Assamaka, puis à Arlit le lendemain », a-t-il ajouté.

Mais le désert du Sahara est un passage périlleux pour tous ces migrants tentant de rejoindre l’Europe via cette étape mortifère et désertique du Maghreb. En effet, les camions transportant des migrants au nord tombent souvent en panne dans le désert. Dans certains cas, ils se perdent ou « les passeurs abandonnent » tout simplement les gens à leur sort.

« Bien que j’aie aidé de nombreux groupes de migrants, je trouve toujours difficile chaque fois qu’un nouveau groupe arrive, avec les nouveau-nés dans les bras, le visage recouvert de sable et les vêtements déchirés », a déclaré Alhassane Adouel, point focal de l’OIM au Niger. « Après tant d’arrivées, cela me brise encore le cœur de voir ce qu’ils doivent vivre », a-t-il ajouté.

Ces opérations humanitaires sont menées à la fois de manière proactive et réactive dans les zones d’Agadez, d’Arlit et de Dirkou. Depuis 2017, l ‘OIM et la Direction générale de la protection civile nigérienne (DGPC) ont ainsi mené des missions conjointes de recherche et de sauvetage à Dirkou. Pour les missions proactives, des équipes sont envoyées sur les routes de migration actuelles pour rechercher des migrants en détresse.

L’OIM « fière d’avoir évité d’innombrables décès »

« L’environnement opérationnel difficile, la situation sécuritaire dangereuse et l’afflux soudain de migrants immenses mettent à l’épreuve les efforts de sauvetage du personnel de l’OIM », a déclaré Martin Wyss, chef de la Mission de l’OIM au Niger.

Mais jusqu’à présent, les équipes de l’OIM au Niger ont toujours réussi à s’adapter aux changements imprévus. « Nous suivons la situation de près avec nos partenaires pour nous assurer que les migrants en détresse sont assistés et protégés avant qu’il ne soit trop tard. Nous sommes plus que satisfaits d’avoir évité d’innombrables décès et fiers d’avoir pu assurer la sécurité et rassurer au moins des milliers de personnes », a ajouté M. Wyss.

Si les chiffres des morts en Méditerranée sont régulièrement répertoriés par l’OIM, il est difficile d’évaluer le nombre de vies perdues dans le Sahara. Le terrain est considéré comme très difficile d’accès par les représentants de l’OIM au Niger. Et les migrants sauvés sont souvent épuisés mentalement et physiquement, mais aussi blessés et déshydratés.

Dans ces conditions, l’urgence pour l’OIM est de leur fournir une aide humanitaire, notamment de la nourriture, de l’eau, des soins médicaux et un soutien psychosocial. Les migrants sont ensuite sensibilisés sur les aides disponibles et se voient proposer un transport vers Arlit, un grand centre urbain situé à 235 km.

Une fois dans le centre de transit de l’OIM, les migrants qui souhaitent retourner dans leur pays d’origine peuvent adhérer au programme de retour volontaire, dans le cadre de l’initiative conjointe Union européenne-OIM sur la protection et la réintégration des migrants. 98% des migrants sauvés, y compris Amadou, ont choisi de le faire.

« Beaucoup de gens luttent ou meurent en cours de route : hommes, femmes enceintes, enfants. Je ne veux pas devenir un autre corps enterré dans le désert. Je rentre chez moi maintenant », a-t-il expliqué aux équipes de l’OIM.

 

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