Des milliers de survivants d'abus sexuels soutenus grâce à un fonds de l'ONU

21 juin 2019

Grâce à un fonds d'affectation spéciale créé en 2016, environ 3.340 femmes, enfants et hommes ont été aidés à reconstruire leur vie après avoir été victimes d'exploitation ou d'abus sexuels par des employés des Nations Unies.

Vendredi, une réunion a eu lieu au siège des Nations Unies à New York pour rendre compte des progrès et de l’impact réalisés en deux ans et recueillir de nouvelles contributions des États membres.

« Au fil des années, au cours de mes voyages, j'ai été hantée par de nombreuses rencontres avec des femmes et des filles, des hommes et des garçons marqués par la violence sexuelle et parfois stigmatisés par leurs propres communautés », a déclaré Jan Beagle, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies chargée de la gestion. « Le courage et la résilience avec lesquels les personnes touchées ont entrepris de reconstruire leur vie m'ont également inspiré », a-t-elle ajouté.

« L’ONU a la responsabilité unique d’établir une norme mondiale pour prévenir, combattre et éliminer ces abus, et pour en atténuer les effets », a-t-elle souligné.

Au premier trimestre de 2019, les Nations Unies ont enregistré un total de 37 allégations d'exploitation et d’abus sexuels par des employés de l'ONU, y compris du personnel civil et en uniforme provenant d'opérations de paix, d'agences, de fonds et de programmes. Jusqu'à présent, la plupart de ces allégations font encore l'objet d'une enquête.

Un fonds pour reconstruire la dignité des victimes

Le Fonds au profit des victimes d’exploitation et d’abus sexuels est l’une des nombreuses initiatives mises en place par l’ONU au cours des dernières années pour lutter contre le fléau de l’exploitation et des abus sexuels de personnes vulnérables au sein du système des Nations Unies. Le fonds a pour objet de financer l'assistance aux survivants et aux enfants nés suite à l’exploitation et aux abus sexuels par des employés de l'ONU.

Depuis 2016, les 2 millions de dollars alloués au Fonds ont permis la mise en œuvre de plusieurs projets d'autonomisation et de génération de revenus.

À ce jour, la plupart des fonds ont été collectés grâce aux contributions de 19 États membres, mais pas seulement. Près de 400.000 dollars sont provenus de retenues sur salaires d’employés visés par des allégations qui ont été prouvées.

Il y a actuellement cinq projets actifs :

- Deux en République démocratique du Congo (RDC) ont apporté un soutien aux moyens de subsistance et ont contribué à renforcer les réseaux de plaintes au niveau communautaire.

- Deux en République centrafricaine (RCA) fourniront aux victimes un soutien et une assistance juridiques pour les deux prochaines années.

- Un au Libéria.

« Des propositions supplémentaires ont été soumises et sont en cours d’examen et/ou sont en cours d’élaboration pour fournir une assistance et un appui supplémentaires en RDC, en Haïti, au Soudan du Sud et en RCA », a expliqué Mme Beagle.

Elle a énuméré trois principaux enseignements tirés des deux premières années d'activité du Fonds : l'importance d'une approche centrée sur la victime ; l'importance des contributions financières flexibles, non affectées et non limitées dans le temps des États membres ; et l’importance d’intégrer les projets dans les programmes existants au lieu d’initiatives uniques.

« À ce jour, le Fonds a soutenu des projets dans des contextes de maintien de la paix ou de mission, mais c'est une ressource qui, à l'avenir, devrait être largement accessible dans l'ensemble du système et profiter également aux victimes dans des contextes autres que ceux de mission », a expliqué Jane Connors, Avocate des droits des victimes.

Son bureau mène actuellement une cartographie pilote des services aux victimes disponibles dans huit pays. Ce travail est en train d'être étendu à d'autres pays.

« Nous identifions les lacunes, les chevauchements, les leçons tirées et les meilleures pratiques pour disposer d'informations afin que les ressources puissent être affectées à l'amélioration de ces services », a déclaré Mme Connors, en appelant les États membres à « nourrir et développer le Fonds ».

 

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