Plus d'un million d'infections sexuellement transmissibles surviennent chaque jour (OMS)

6 juin 2019

L'ampleur des infections sexuellement transmissibles au niveau mondial devrait être un signal d'alarme pour les gouvernements, ont déclaré jeudi des experts de l'ONU en matière de santé.

Selon de nouvelles données, une personne sur 25 a aujourd'hui « au moins une » infection sexuellement transmissible (IST) guérissable, soit un million d'IST guérissables par jour.

« Il s'agit là d'un signal d'alarme qui appelle à un effort concerté pour faire en sorte que chacun, partout dans le monde, ait accès aux services dont il a besoin pour prévenir et traiter ces maladies débilitantes », a déclaré le Dr Peter Salama, Directeur exécutif de la couverture maladie universelle et du parcours de vie à l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

 Il n'y a pas eu de baisse substantielle des taux d'infection depuis 2012.

L’OMS constate un « manque de progrès » des pays dans la lutte contre la propagation des IST et avertit que si elles ne sont pas traitées, ces IST curables peuvent avoir un impact profond sur la santé des adolescents, adultes et enfants à naître.

Les effets négatifs des quatre IST guérissables couvertes dans le rapport – la chlamydiose, la gonorrhée, la syphilis et la trichomonose - comprennent les maladies neurologiques et cardiovasculaires, l'infertilité, les complications pendant la grossesse, les mortinaissances et un risque accru de VIH.

« En moyenne, ces données se traduisent par le fait qu'une personne sur 25 dans le monde souffre d'au moins une de ces IST guérissables, certaines d'entre elles ayant plusieurs infections à la fois », a déclaré la Dr Melanie Taylor, épidémiologiste médicale au Département Santé et recherche en matière de reproduction de l'OMS.

Notant le « fardeau mondial incroyablement élevé » des IST, Dr Taylor a ajouté que depuis les dernières estimations de l'OMS sur les taux d'IST guérissables publiées en 2012, « il n'y a pas eu de baisse substantielle » des taux d'infection.

Les conclusions de l'OMS portent sur les chiffres mondiaux de 2016 pour les femmes et les hommes âgés de 15 à 49 ans.

Sur plus de 376 millions d'infections mises en évidence dans le rapport, la trichomonas était la plus fréquente, avec 156 millions de cas. Viennent ensuite la chlamydia (127 millions de cas) et la gonorrhée (87 millions), tandis que la syphilis (6,3 millions) a causé environ 200.000 mortinaissances et décès de nouveau-nés en 2016, ce qui en fait l'une des principales causes de mortalité infantile au monde. 

Photo Fonds mondial/John Rae
En Cambodge, des bénévoles distribuent des préservatifs et de l'information sur les tests de VIH dans un club de karaoke.

 

Bien que les IST bactériennes puissent être traitées et guéries avec des médicaments largement disponibles, l'OMS a averti que les récentes pénuries de pénicilline benzathine dans le monde ont rendu le traitement de la syphilis plus difficile.

Plus de 30 bactéries, virus et parasites différents sont transmis par contact sexuel non protégé

La résistance aux antimicrobiens contre les traitements contre la gonorrhée devient également une menace croissante pour la santé, et peut conduire à terme à l'impossibilité de traiter la maladie, prévient l'OMS.

Au total, on sait que plus de 30 bactéries, virus et parasites différents sont transmis par contact sexuel non protégé.

Certains peuvent aussi être transmis par du sang ou des produits sanguins infectés, ainsi que par des aiguilles sales partagées par des consommateurs de drogues.

Outre les quatre IST guérissables couvertes dans le rapport de l'OMS, quatre autres sont des virus incurables : l'hépatite B, le virus de l'herpès simplex (HSV ou herpès), le VIH et le papillomavirus humain (HPV).

L'OMS note que de nombreuses IST - dont la chlamydia, la gonorrhée, l'hépatite B, le VIH et la syphilis - peuvent également être transmises de la mère à l'enfant pendant la grossesse et l'accouchement.

Bien qu'une personne atteinte d'une IST ne présente aucun signe évident d'IST, les symptômes courants comprennent des pertes vaginales, des pertes urétrales ou une sensation de brûlure au moment d’uriner chez les hommes, des ulcères génitaux et des douleurs abdominales.

Les symptômes ou la maladie dus aux infections virales incurables peuvent être réduits ou modifiés par le traitement.

Parmi ses recommandations, l'OMS préconise une utilisation « correcte et cohérente » du préservatif et une éducation à la santé sexuelle.

Un dépistage et un traitement rapides et abordables sont également essentiels pour réduire le fardeau des IST dans le monde, insiste l'agence des Nations Unies, tout en demandant également que les femmes enceintes soient systématiquement soumises à un dépistage de la syphilis et du VIH.

 

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