Asie-Pacifique : le 'Parlement régional' discute comment faire progresser l’égalité dans la région

30 mai 2019

La plus haute instance des Nations Unies dans la région Asie-Pacifique a ouvert sa session annuelle cette semaine à Bangkok, en Thaïlande, en appelant à renforcer l'autonomisation des groupes défavorisés et marginalisés pour réaliser le programme de développement durable à l'horizon 2030 et tenir la promesse de ne laisser personne pour compte. 

Selon une étude de la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l'Asie et le Pacifique (CESAP), servant de base aux discussions intergouvernementales, alors que  la croissance économique et le progrès social ont profité aux zones rurales, aux personnes handicapées et aux femmes dans de nombreux pays, le fossé entre les nantis et les démunis s’élargit.

« Ces dernières décennies, la qualité de vie de la plupart des habitants de la région s’est améliorée, mais les inégalités croissantes menacent de nouvelles avancées », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans un message vidéo diffusé à la séance d’ouverture lundi à Bangkok. « Le défi consiste à faire en sorte que le progrès socioéconomique atteigne les laissés-pour-compte », a-t-il ajouté.

Rappelant sa récente visite dans le Pacifique Sud, où il a constaté l'impact « brutal de l'urgence climatique », M. Guterres a appelé les pays à redoubler d'efforts pour lutter contre le changement climatique en Asie et dans le Pacifique. « C'est une bataille que nous pouvons et devons gagner », a-t-il souligné.

Surnommée de manière informelle le « Parlement » de la région Asie-Pacifique, la CESAP - l'organe de développement socio-économique des Nations Unies pour la région, qui compte plus de 4 milliards d'habitants, soit près des deux tiers de la population mondiale - est un forum où les gouvernements et les autres parties prenantes discutent du développement durable et inclusif.

Fondé en 1947, il comprend 53 États membres et 9 membres associés, qui vont de Tuvalu, une île du Pacifique à l’Est, en passant par la Turquie, et la Russie au Nord et la Nouvelle-Zélande au Sud.

ESCAP/Diego Montemayor
Armida Alisjahbana, Secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique (CESAP).

Opportunité de réaffirmer la responsabilité partagée

S'adressant à la séance d'ouverture, Armida Alisjahbana, Secrétaire exécutive de la CESAP, a exhorté les pays à s'appuyer sur les succès passés et à définir les priorités pour l'avenir. « Depuis la première réunion de cette Commission en 1947, nos pays ont parcouru un long chemin », a-t-elle déclaré, notant que beaucoup considéraient la région Asie-Pacifique comme le « moteur » de l'économie mondiale.

« Nous avons encore plus à offrir. Nous pouvons fournir le leadership mondial pour créer collectivement une société transformée et résiliente dans notre région et relever les défis qui transcendent les frontières et accélérer les progrès vers la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) », a-t-elle ajouté.

Mme Alisjahbana a décrit cinq domaines essentiels pour parvenir à cette transformation : renforcer la protection sociale ; renforcer la résilience aux tensions commerciales internationales ; lutter contre la dégradation de l'environnement ; améliorer la résilience face aux catastrophes et mettre en valeur le potentiel des nouvelles technologies en tant que « force pour le bien».

« Je suis déterminée à travailler avec tous les États membres pour créer des sociétés transformées et résilientes dans notre région. Les preuves montrent que nous pouvons être plus efficaces si nous donnons aux citoyens les moyens de soutenir cette transformation », a-t-elle conclu.

OIT Asie-Pacifique
En utilisant des produits locaux, Marjiati Sembiring Meliala gère une entreprise florissante qui soutient sa famille et contribue au bien-être des communautés locales dans le district de Karo en Indonésie

Faire progresser l'égalité des sexes par l'autonomisation économique des femmes et des filles

Lors d'une manifestation organisée conjointement par le gouvernement du Canada et la CESAP, les intervenants ont pris acte des améliorations spécifiques apportées à l'autonomisation économique des femmes dans la région. Ils ont appelé à davantage d’investissements et à plus d’innovation pour faire passer les femmes entrepreneurs des marchés principalement informels au premier plan du développement économique et du leadership.

La Secrétaire exécutive de la CESAP a évoqué certains des problèmes qui entravent l'autonomisation économique des femmes, mais également le potentiel des technologies innovantes pour réduire les barrières liées au genre et promouvoir l'inclusion numérique.

L’ambassadrice du Canada auprès de l'Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), Diedrah Kelly, a souligné que nous « tirons tous des bénéfice lorsque les femmes ont la capacité de prendre des décisions ».

Le Canada a joué un rôle important pour encourager l'autonomisation économique des femmes dans la région. « Donner les même opportunités aux femmes et aux autres groupes marginalisés est l'approche la plus efficace pour atteindre les ODD », a-t-elle expliqué.

Mereseini Vuniwaqa, Ministre des femmes, des enfants et de la lutte contre la pauvreté des Fidji et Dr. Ing Kantha Phavi, Ministre cambodgienne de la condition féminine, ont souligné les succès obtenus dans leurs pays respectifs mais aussi les défis.

Ainsi au Cambodge, 28 ministères disposent de groupes d’action pour l’intégration de la problématique hommes-femmes. Et aux Fidji, le projet Markets for change  examine les lacunes du marché, tout en soutenant les vendeurs et en encourageant les femmes à occuper des postes de direction dans leurs associations locales.

Tout au long de la session, il a été réitéré que les femmes sont de véritables agents de changement dont l'innovation peut aider les entreprises, les communautés et les pays. Comme l'a expliqué Mme Vuniwaqa, « il ne peut y avoir d'objectif de développement durable sans égalité des sexes ».

 

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