Un expert de l’ONU préoccupé par le comportement de l’Équateur dans les affaires Assange et Moreno

23 mai 2019

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la protection de la vie privée, Joseph Cannataci, s’est dit jeudi très préoccupé par les informations selon lesquelles le gouvernement équatorien envisage de remettre aux États-Unis les effets personnels de Julian Assange.

L’expert indépendant a déclaré avoir reçu des informations selon lesquelles, à la demande du Département de la justice des États-Unis, le gouvernement équatorien avait décidé de fouiller le 20 mai les locaux de son ambassade à Londres où a résidé le fondateur de WikiLeaks et de saisir ses documents, téléphones, appareils électroniques, cartes mémoire, etc., pour les remettre au gouvernement américain.

Préoccupé par ces informations, M. Cannataci a écrit au gouvernement équatorien pour recommander des mesures de protection qui devraient être mises en place avant toute recherche.

Il a également proposé de faire appel à des experts impartiaux pour surveiller les recherches et de séparer les informations qui pourraient être utiles pour un éventuel processus pénal aux États-Unis des informations qui devraient rester confidentielles et être rendues à M. Assange. Le Rapporteur spécial s’est déclaré déçu par l’absence de réponse rapide du gouvernement équatorien.

« J'ai à deux reprises formellement demandé au gouvernement équatorien de restituer les effets personnels de M. Assange à ses avocats, mais il semble plutôt qu'il ait l'intention de les remettre aux autorités américaines. Je n'ai aucun problème avec les procédures de perquisition et saisie menées en vertu de l’Etat de droit, il s’agit là de circonstances très spéciales pour au moins deux raisons : il ne s’agit pas seulement de droit à la vie privée. D’autres droits de l’homme, et en particulier la liberté d’expression, sont également menacés si certains des éléments matériels appartenant à M. Assange tombaient entre les mauvaises mains. M. Assange a traité avec un certain nombre de sources confidentielles et de lanceurs d'alerte dont l'identité et la vie privée devraient également être protégées », a déclaré le Rapporteur spécial.

Il s’est dit également déçu par le manque de réponse rapide de l'Équateur à sa proposition de se rendre à Quito et d'évaluer de manière plus approfondie la plainte que le Président Lenin Moreno lui a adressée au sujet d'une violation de son droit à la vie privée, liée à un présumé piratage ayant conduit à la publication en ligne d'un grand nombre de communications et de photos personnelles de M. Moreno et de sa famille.

M. Cannataci a déclaré que cette visite aurait été « une excellente occasion pour moi de mieux comprendre les particularités de l'affaire ».

 

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