La Somalie reste sur une trajectoire positive, selon l’ONU

22 mai 2019

La Somalie continue de faire des progrès dans les domaines économique et sécuritaire mais reste confrontée à des défis importants, a déclaré mercredi devant le Conseil de sécurité le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général pour ce pays, Raisedon Zenenga.

« Malgré un environnement de sécurité difficile, des crises politiques récurrentes, ainsi que des contraintes en matière de capacité et des difficultés à gérer les obstacles politiques à son programme de réformes, la Somalie reste sur une trajectoire positive », a déclaré M. Zenenga devant les membres du Conseil.

Ces derniers mois, « le pays a réalisé des progrès significatifs dans ses réformes économiques et du secteur de la sécurité » et « les préparatifs techniques en vue des élections au suffrage universel de 2020 progressent », a-t-il noté.

Le Représentant spécial adjoint a toutefois souligné que la Somalie continuait « de faire face à des défis importants ». Il a noté en particulier que les efforts de réforme du gouvernement fédéral « se sont heurtés à une inévitable résistance ».

Malgré tout, il a estimé que la Somalie avait d’immenses opportunités de progresser dans les mois à venir. « Pour cela, ses dirigeants aux niveaux fédéral et sous-fédéral doivent accepter de travailler ensemble dans un esprit de consensus. Le Parlement doit se concentrer sur l'adoption de lois prioritaires dans les meilleurs délais. Toutes les parties prenantes nationales doivent collaborer efficacement pour faire face à la sécheresse imminente et éviter une famine », a-t-il dit.

Au niveau régional, l’envoyé de l’ONU a estimé que la dynamique positive qui règne dans la Corne de l’Afrique offre de grandes opportunités à la Somalie de réaliser « son potentiel stratégique et économique ».

« Cependant, la détérioration actuelle des relations entre la Somalie et le Kenya, résultant du conflit sur la frontière maritime, est préoccupante. Cela a des conséquences sur les efforts de la Somalie en matière de consolidation de l’Etat et de consolidation de la paix », a-t-il dit.

Dans ce contexte, le dialogue, non seulement entre le Kenya et la Somalie, mais également avec d'autres États membres de l’organisation régionale pour l’Afrique de l’Est, l'IGAD, est essentiel pour réduire les tensions et résoudre les problèmes fondamentaux qui ont créé ces tensions persistantes, a-t-il ajouté.

S’agissant de la Mission des Nations Unies en Somalie (MANUSOM), M. Zenenga a rappelé qu’elle avait commencé l’année par une crise sécuritaire avec une attaque au mortier contre le complexe de l’ONU le 1er janvier et une crise politique due à l’expulsion du Représentant spécial Nicholas Haysom le même jour.

« Ces deux incidents ont gravement perturbé les relations de la mission avec le gouvernement fédéral somalien et la mise en œuvre de son mandat. Ils ont également élevé le niveau de risque pour la sécurité du personnel de l'ONU et laissé notre personnel profondément démoralisé », a-t-il expliqué.

« Nous avons immédiatement donné la priorité à la sécurité de notre personnel tout en concentrant nos efforts politiques sur l’amélioration des relations avec le gouvernement fédéral », a-t-il ajouté. Il a précisé que les relations de la MANUSOM avec le gouvernement fédéral s’étaient depuis améliorées.

 

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