Dialogues sur l’Afrique : à la recherche de solutions durables aux déplacements forcés 

21 mai 2019

Les pays africains ont une longue tradition d'ouverture de leurs frontières et de leurs cœurs aux réfugiés et aux personnes déplacées - un exemple qui n'est pas suivi par tout dans le monde, a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies en lançant les travaux de l'édition 2019 des Dialogues sur l’Afrique mardi au Siège de l’Organisation à New York

« Des pays comme l'Ouganda, Djibouti, le Rwanda et l'Éthiopie prennent des mesures novatrices pour reconnaître et promouvoir les droits des réfugiés », a précisé António Guterres, affirmant qu’il avait constaté la solidarité et l’hospitalité des pays africains lorsqu'il était Haut-Commissaire pour les réfugiés.

Les Dialogues sur l’Afrique, présidés par le Bureau du Conseiller spécial pour l'Afrique (OSAA), en collaboration avec la Commission de l'Union africaine (CUA), l'Agence de développement de l'Union africaine (AUDA) et des entités des Nations Unies, est l’occasion pour les décideurs politiques, universitaires, organisations de la société civile, et membres de la diaspora de se réunir et discuter des priorités de l’Afrique. 

L’édition 2019 a été placée sous le thème « Année internationale des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées : vers des solutions durables aux déplacements forcés en Afrique ».  

L'Afrique abrite plus de 24 millions de personnes déplacées de force, soit un tiers du total mondial. 

M. Guterres a exhorté les participants à s’inspirer des « pratiques exemplaires » et « chercher des solutions à court et à long terme, à créer des partenariats nouveaux et novateurs, à déterminer les domaines qui nécessitent un soutien international plus solide et à continuer de jouer un rôle de premier plan dans ce dossier ».

Le chef de l’ONU a également appelé à s’attaquer aux causes profondes des déplacements forcés, dont les conflits, le changement climatique, la pauvreté, la discrimination et l'exclusion de toutes sortes. 

OCHA/Rita Maingi
Des femmes et leurs bébés déplacés par le cyclone Idai dans la ville de Beira, au Mozambique

S’attaquer aux causes profondes

Prenant la parole au nom du Président de la Commission de l'Union africaine, la Commissaire aux affaires politiques de l’organisation régionale africaine, Minata Samate, a souligné est également revenu sur les bonnes pratiques sur le continent avant d’appeler à s’attaquer aux causes profondes pour remédier au déplacement forcé.

« Il s’agit de poursuivre sans relâche le programme de faire taire les armes d’ici 2020.  Il s’agit aussi de travailler à la résilience des populations face aux catastrophes naturelles et au changement climatique », a précisé Mme Samate.

A court terme, la Commissaire a appelé à trouver des solutions pour assurer l’éducation des femmes et des enfants rapatriés « dont plus de 10 millions sont privés d’éducation ». Selon elle, il importe également d’accorder la priorité aux enfants et aux femmes qui subissent plus durement les effets des déplacements forcés.

Enfin la Commissaire a souligné la nécessité de mobiliser les ressources pour s’attaquer aux causes profondes des déplacements forcés, d’apporter un appui aux États qui subissent le poids des déplacements forcés et faire preuve de solidarité avec eux.

Cinq objectifs clefs

L’édition 2019 des Dialogues coïncide également avec le 50e anniversaire de la Convention de l'Organisation de l'unité africaine sur les réfugiés et le 10e anniversaire de la Convention de Kampala sur les personnes déplacées - la seule convention régionale du genre.  

La rencontre a pour objectif d’échanger les meilleures pratiques et les leçons apprises dans les pays africains en matière d’accueil, notamment en ce qui concerne les filles et les femmes. La responsabilité partagée et le rôle de l'ONU, de l'assistance humanitaire et des États membres figurent également parmi les premières priorités des discussions.

Les Dialogues cherchent également à renforcer la sensibilisation par rapport à la Convention de Kampala et la situation des personnes déplacées sur le continent ; offrir une plateforme aux personnes déplacées sur laquelle mettre en exergue leur réussites et défis; et, identifier des domaines concrets qui pourraient bénéficier d’un appui international.

Yaye Nabo Sène/OCHA
Des femmes et des enfants déplacés dans un camp de fortune dans la ville de Paoua, en République centrafricaine.

Les pays africains agents du multilatéralisme

Lors de l’ouverture des travaux mardi  la Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies a salué la contribution des pays africains au renforcement du multilatéralisme. 

María Fernanda Espinosa a déclaré qu'elle avait décidé de faire de l'Afrique le centre de ses activités dès le début de sa présidence.

Elle a souligné que l'Afrique renforce le multilatéralisme, et que les dirigeants africains « ont ouvert la voie à maintes reprises, que ce soit en élargissant la définition de ‘réfugié’, en 1969, ou à travers la Convention de Kampala, le premier cadre juridiquement contraignant pour traiter des déplacements internes, qui a été adopté en 2009 ».

Mme Espinosa a estimé que la contribution de l'Afrique à l'ONU est sous-estimée et la voix de la région reste sous-représentée dans le système international. 

 

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