'Être Sri-lankais, c'est être bouddhiste, hindou, musulman, chrétien', affirme l’ONU 

14 mai 2019

Les Conseillers spéciaux pour la prévention du génocide et pour la responsabilité de protéger de l’ONU se sont inquiétés lundi de la multiplication des actes de violence fondés sur la religion, contre des maisons, des lieux de culte et des entreprises, dans le nord-ouest du Sri Lanka.

« Les violences récentes au Sri Lanka ont mis en lumière l'influence croissante des conceptions nationalistes et extrémistes de l'identité dans la région asiatique, mettant en danger les minorités religieuses », ont regretté le Conseiller spécial des Nations Unies pour la prévention du génocide, Adama Dieng, et la Conseillère spéciale des Nations Unies pour la responsabilité de protéger, Karen Smith, dans une déclaration conjointe.

Ils ont dit noté une vague d'attaques contre les communautés musulmane et chrétienne au Sri Lanka, un pays à majorité bouddhiste.

Des attentats commis le week-end du 11 mai ont fait suite aux attentats meurtriers perpétrés le dimanche de Pâques du 21 avril 2019 contre des églises et des hôtels dans diverses régions du pays qui ont fait plus de 200 morts et des centaines de blessés.

 « Il est dans l'intérêt de tous les groupes ethniques et religieux du Sri Lanka, ainsi que du gouvernement, de l'opposition, de la société civile et du secteur de la sécurité, de collaborer pour prendre les mesures appropriées et mettre fin immédiatement à ces attaques haineuses », ont affirmé les deux Conseillers onusiens.

Les attaques risquent de faire reculer le pays

M. Dieng et Mme Smith ont averti que ces attaques risquaient de faire reculer le Sri Lanka, alors que pays tente de sortir d’une « période traumatisante de conflit armé interethnique ». « Si la violence récente n'est pas traitée de manière adéquate, elle risque de s'aggraver encore davantage », ont-ils précisé.  

Les conseillers spéciaux ont reconnu et salué la réaction rapide du gouvernement, notamment en déployant des forces de sécurité pour protéger les communautés touchées et en luttant contre la diffusion de fausses informations et l'incitation à la violence. 

Ils ont également encouragé le gouvernement à veiller à ce que ces attaques et d'autres attaques similaires commises dans le passé fassent l'objet d'enquêtes approfondies et à ce que les responsables de ces actes de violence soient traduits en justice et tenus responsables. 

Amantha Perera / IRIN
Vijitha Pavanendran tient une photo de son mari qui a été tué par des assaillants inconnus durant de la guerre civile au Sri Lanka.

Il ne faut pas tolérer la propagation des préjugés et de la haine

« Le gouvernement doit donner l'exemple qu'il ne tolérera pas la propagation des préjugés et de la haine parmi les groupes de sa population. Cela doit se faire aux niveaux national et local, en mettant fin aux pratiques discriminatoires locales qui perpétuent l'intolérance et la violence religieuses », ont précisé le Conseiller pour la prévention du génocide et la Conseillère sur la responsabilité de protéger.

M. Dieng et Mme Smith ont également proposé de travailler avec le gouvernement à l'harmonie et à l'inclusion interconfessionnelles et interreligieuses. 

« Toutes ces communautés ont droit à leur identité, au libre exercice de leur religion et à la vie en paix et en sécurité au Sri Lanka, comme le reconnaît la Constitution du pays », ont rappelé les conseillers spéciaux appelant « tous les Sri Lankais à se respecter mutuellement ». « Le Sri Lanka a une société pluraliste. Être sri-lankais, c'est être bouddhiste, hindou, musulman, chrétien », ont conclu M.Dieng et Mme Smith. 

 

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