A Auckland, Guterres appelle les gouvernements à taxer la pollution, et non les gens

13 mai 2019

Au deuxième jour de sa visite en Nouvelle-Zélande, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a appelé les gouvernements à agir concrètement et de manière juste pour le climat dans un contexte où la volonté politique n’est toujours pas à la hauteur du danger du changement climatique.

« Depuis le Pacifique » et devant des jeunes néo-zélandais des communautés Maoris et Pasifika « en première ligne face au changement climatique », le chef de l’ONU a souhaité transmettre aux gouvernements du monde entier « un message très clair » en quatre points.

1. Taxer la pollution, et non les gens

António Guterres appelle à ce que les impôts doivent plus porter sur les émissions carbones que sur les salaires. « Il faut davantage taxer la pollution, et non les gens », a-t-il dit.

2. Cessez les subventions aux combustibles fossiles

Le Secrétaire général a demandé aux gouvernements de cesser leurs subventions aux combustibles fossiles et aux projets qui y ont recours. « L’argent des contribuables ne devrait pas être utilisé pour amplifier les ouragans, pour propager la sécheresse et les vagues de chaleur, pour blanchir les coraux ou pour faire fondre les glaciers », a-t-il martelé.

3. Ne plus construire de centrales à charbon

Le chef de l'ONU a demandé aux Etats d'arrêter la construction de nouvelles centrales à charbon doit cesser dès l'année prochaine. « Nous devons cesser la construction de nouvelles centrales à charbon d'ici 2020 ».Toutes les centrales à charbon actuellement en exploitation dans le monde entier émettent environ 190 giga tonnes de CO2. Si toutes les centrales à charbon actuellement en construction sont mises en service et fonctionnent jusqu'à la fin de leur durée de vie technique, les émissions augmenteront de 150 giga tonnes supplémentaire, mettant ainsi en péril notre capacité à limiter le réchauffement de la planète en dessous de 2 ° C comme convenu dans l'Accord de Paris sur le climat de 2015.

4. Construire une économie verte et pas grise

M. Guterres s’est félicité de voir que les jeunes, ainsi que la société civile et les milieux d'affaires du monde entier aient compris que « l'économie verte est l'économie de demain et que l'économie grise n'a pas d'avenir ».

« Il est très important de convaincre les gouvernements qu'ils doivent agir parce qu'il y a encore beaucoup de résistance », a dit le chef de l’ONU.

Aux côtés de James Shaw, le Ministre néo-zélandais pour l’action climatique, le chef de l’ONU a salué l’engagement pris par Wellington d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, « comme le demande la communauté scientifique » pour limiter l’augmentation de la température à moins de 1,5 degré Celsius avant la fin du siècle.

A Auckland, M. Guterres a également salué l’engagement fort du gouvernement néo-zélandais à soutenir les personnes les plus durement touchées par l’action pour le climat et à répondre et à leurs préoccupations. « Je crois que l’énergie durable est plus rentable et moins cher que l’énergie fossile mais si vous travaillez dans une mine à charbon, vous avez besoin d’avoir des réponses à votre anxiété », a reconnu le Secrétaire général devant des journalistes.

Le chef de l’ONU a souligné qu'une transition énergétique réussie doit être juste, protéger les peuples et ne laisser personne de côté. « C’est la seule façon de mobiliser l’opinion publique partout dans le monde en faveur de l’action pour le climat et de vaincre le changement climatique », a-t-il dit. 

S’exprimant le même jour à l’Université de technologie d’Auckland, M. Guterres a rappelé que « le changement climatique est la plus grande menace pour nos vies ». « Nous avons besoin du leadership des jeunes sur cette question car les gouvernements ne manifestent pas suffisamment de volonté politique », a-t-il dit aux étudiants néo-zélandais.

A un étudiant qui lui a demandé s’il n’était pas trop tard d’attendre que les jeunes arrivent au pouvoir pour prendre les décisions politiques nécessaires pour contrer le changement climatique et la perte de biodiversité, le chef de l’ONU lui a répondu : « Je n’attends pas que vous ayez le pouvoir, j’attends de vous que vous fassiez le plus de bruit possible maintenant, que vous mobilisiez votre société, vos parents, vos familles, vos amis et de mettre votre gouvernement sous pression ».

 le Secrétaire général se rendra cette semaine aux Fidji, à Tuvalu et au Vanuatu, trois Etats insulaires du Pacifique Sud directement menacés par le changement climatique.

 

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