Les enquêteurs de l'ONU réclament des mesures pour éviter une catastrophe dans le nord-ouest de la Syrie

9 mai 2019

La Commission d'enquête internationale indépendante sur la République arabe syrienne a noté jeudi avec une vive préoccupation l'augmentation récente des hostilités dans le nord-ouest de la Syrie et a averti que toute nouvelle escalade entraînerait une catastrophe sur le plan humanitaire et des droits de l'homme.

« Nous avons reçu des informations faisant état de nombreuses attaques de forces progouvernementales contre des zones civiles, faisant de nombreuses victimes, y compris des femmes et des enfants », a déclaré le président de la Commission, Paulo Pinheiro, cité dans un communiqué de presse.

« Des infrastructures civiles, notamment de nombreuses installations éducatives et médicales dans le nord d’Hama et dans le sud d’Idlib, ont été endommagées ou détruites par des offensives aériennes et terrestres, et un certain nombre d'institutions ont été fermées en prévision d'autres attaques, laissant des milliers de personnes sans accès à la santé ou à l'éducation », a-t-il ajouté.

Des sources sur le terrain ont signalé à la Commission d’enquête le caractère incessant des frappes aériennes au cours des dernières semaines, ainsi que le manque d'abris sûrs. Rien que depuis le 29 avril, plus de 152.000 personnes ont été déplacées dans le nord-ouest du pays, ce qui porte à plus de 290.000 le nombre de personnes qui ont fui au cours des trois derniers mois.

Au cours de l'année écoulée, la Commission a tiré la sonnette de l'alarme à plusieurs reprises et a souligné qu'une offensive militaire visant à reprendre Idlib provoquerait un déplacement massif et affecterait gravement la vie, les moyens de subsistance et les droits fondamentaux de près de trois millions de civils vivant dans le nord-ouest de la Syrie, y compris ceux résidant dans le nord du gouvernorat d’Hama et dans l’ouest du gouvernorat d’Alep.

Alors que les enquêtes de la Commission sont en cours, celle-ci estime qu’il est clair que toutes les parties continuent à employer des tactiques qui violent les principes fondamentaux du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

La Commission d’enquête appelle toutes les parties, et en particulier les garants d’Astana (Iran, Turquie et Russie), à maintenir et à respecter l’accord de démilitarisation jusqu’à ce qu’un accord négocié donnant la priorité à la protection des civils soit conclu de bonne foi, et réaffirme que toute offensive militaire dans la zone démilitarisée déclenchera une catastrophe humanitaire.

Alors que les hostilités persistent dans le nord-ouest du pays, la Commission d’enquête a déclaré qu’elle continuait de recueillir des informations de première main et d'enquêter sur toutes les violations présumées des droits de l'homme et du droit international humanitaire, quel qu'en soit l'auteur et conformément à son mandat.

La Commission d'enquête composée de Paulo Sérgio Pinheiro (président), Karen Koning AbuZayd et de Hanny Megally, a été chargée par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies d'enquêter sur toutes les violations de droit international depuis mars 2011 en République arabe syrienne.

 

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