100 ans de l’Organisation internationale du travail : Guterres souligne l’importance du dialogue social

8 mai 2019

Le chef de l’ONU a salué mercredi la « remarquable » contribution de l’Organisation internationale du travail (OIT) aux droits des travailleuses et des travailleurs dans le monde à l’occasion des célébrations à Genève du centenaire de l’agence onusienne.

« Il y a énormément de choses qu’aujourd’hui on considère naturelles, mais qui en 1919 n’existaient pas du tout ». L’OIT fut créée en 1919, sous l’égide du Traité de Versailles qui a mis fin à la Première Guerre mondiale, incarnant la conviction qu’une paix universelle et durable ne pouvait se bâtir que sur la base de la justice sociale.

100 après sa création, l’OIT est l’unique agence 'tripartite' des Nations Unies. Elle réunit des représentants des gouvernements, employeurs et travailleurs de 187 Etats Membres pour établir des normes internationales, élaborer des politiques et concevoir des programmes visant à promouvoir le travail décent pour tous les hommes et femmes dans le monde.

« L’Organisation internationale du Travail a démontré une énorme vision en anticipant les perspectives que la quatrième révolution industrielle et l’intelligence artificielle auront sur les marchés du travail. Mais pas seulement sur les marchés du travail, sur toute la vie de la planète », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors des célébrations du centenaire de l’OIT au siège de l’agence à Genève.

Le chef de l’ONU a vanté le « dialogue social institutionnalisé » que préconise l’OIT au niveau mondial et qui a permis de « faire des progrès absolument remarquables ». Selon M. Guterres, ce dialogue social est aussi une « garantie de capacité d’action vers le futur ».

« Je crois que ce qui est vrai à l’échelle d’un pays est vrai à l’échelle globale. Et c’est pour ça que le dialogue social est une clé absolument essentielle pour la gouvernance au niveau national et pour la gouvernance au niveau global », a dit le Secrétaire général.

Pour le chef de l’ONU, le dialogue social sera de « plus en plus important quand on regarde ce qui va se passer dans les années à venir et l’impact énorme que l’évolution technologique et la globalisation auront de plus en plus sur les rapports sociaux et sur la vie des peuples ».

Centenaire, l’OIT oriente ses activités vers l’avenir du travail. « La nature du travail elle-même va changer », a dit le Secrétaire général, soulignant qu’il y aura des rapports différents entre « travailler, les temps de détente et d’autres activités qui, naturellement, vont surgir dans la vie quotidienne de nos citoyennes et de nos citoyens partout dans le monde ».

Selon le chef de l’ONU, le monde devra se doter de « nouvelles générations de politiques éducationnelles, de politiques de protection sociale ».

« Il y aura énormément de choses qui vont changer de telle façon qu’on ne peut pas prévoir comment sera le monde dans une centaine d’années… », a reconnu M. Guterres. « Je ne sais pas du tout comment le monde sera dans une centaine d’années. Je n’ai aucune idée comment seront les mécanismes de fonctionnement des économies et des sociétés, mais je suis absolument sûr que l’Organisation internationale du Travail sera (là) », a-t-il dit.

 

 

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