Syrie : l’ONU appelle à une désescalade et au respect du droit humanitaire

7 mai 2019

Les Nations Unies se sont dit alarmées par l'escalade militaire dans les provinces Hama (nord) et d'Idlib (sud) en Syrie qui a déjà fait plusieurs victimes et menace des centaines de milliers de personnes.

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) ont appelé toutes les parties à respecter le droit international humanitaire et à protéger les civils.

« Le Secrétaire général suit avec une vive inquiétude l'intensification des hostilités dans la zone de désescalade du nord-ouest de la Syrie impliquant les forces du gouvernement syrien et leurs alliés, les forces armées de l'opposition et Hayat Tahrir al-Sham », a dit son porte-parole dans une déclaration de presse publiée lundi soir.

Selon les informations recueillies par le HCDH, au moins 27 civils, dont de nombreuses femmes et enfants, ont été tués et 31 blessés depuis le 29 avril.

« Des informations crédibles suggèrent que le gouvernement et les forces alliées ont intensifié leurs attaques dans la ‘zone tampon démilitarisée’ dans les zones rurales du sud d'Idlib et du nord de Hama », a déclaré la porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, lors d’un point de presse mardi à Genève.

Les affrontements en Syrie n’ont pas épargné les infrastructures civiles. Le 5 mai, trois centres de santé auraient été touchés par des frappes aériennes, ce qui porterait leur nombre à au moins sept depuis le 28 avril. Neuf écoles auraient été touchées depuis le 30 avril et des établissements scolaires dans de nombreuses zones ont été fermés jusqu'à nouvel ordre.

Selon le HCDH, la campagne militaire en cours pourrait amener d’autres groupes armés, y compris le groupe Hayat Tahrir al-Sham, à réagir - créant ainsi une situation explosive susceptible de provoquer de nouvelles violences et des déplacements de population.

L'intensification de l'offensive militaire a déjà entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes qui ont dû fuir à plusieurs reprises vers les régions rurales du nord et de l'est d'Idlib et d'Alep, en quête de sécurité. « Les personnes qui fuient les hostilités courent un grand risque et continuent de se heurter à de graves problèmes de protection », a dit Mme Shamdasani.

Alors que débute le « mois sacré du Ramadan », M. Guterres a appelé les parties en conflit à une désescalade urgente de la situation et à réaffirmer leur engagement envers le cessez-le-feu prévu dans le mémorandum signé le 17 septembre 2018. Le chef de l’ONU a également exhorté les garants d'Astana (Iran, Russie et Turquie) à veiller à ce que le cessez-le-feu soit respecté.

 

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