Lutte contre le paludisme : face à la stagnation des progrès, l’OMS juge urgent de se mobiliser

25 avril 2019

Face à la stagnation des progrès ces dernières années dans la lutte contre le paludisme, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé à prendre des mesures pour mettre fin à cette maladie, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme.

Selon le dernier rapport sur le paludisme dans le monde publié en novembre 2018, aucun progrès significatif n’a été accompli en matière de réduction des cas de paludisme entre 2015 et 2017, après plus de dix ans de progrès réguliers. On estime à 435.000 le nombre de décès dus au paludisme en 2017, un chiffre pratiquement inchangé par rapport à l’année précédente.

La Région africaine continue de supporter plus de 90% de la charge mondiale de paludisme. Dans les 10 pays africains les plus durement touchés par la maladie, on estime à 3,5 millions le nombre de cas supplémentaires en 2017 par rapport à l’année précédente.

Selon l’OMS, il est urgent de prendre des mesures et il appartient aux pays les plus touchés par le paludisme de relever ce défi.

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme 2019, l’OMS se joint au Partenariat RBM pour mettre fin au paludisme, à la Commission de l’Union africaine et à d’autres organisations partenaires pour promouvoir la campagne locale intitulée « Zéro palu ! Je m’engage » qui vise à maintenir le paludisme en bonne place parmi les priorités politiques, à mobiliser des ressources supplémentaires et à donner aux communautés les moyens de prendre en main les activités de prévention de la maladie et les soins.

La campagne « Zéro palu ! »

La campagne « Zéro palu ! » – lancée pour la première fois au Sénégal en 2014 – a été officiellement approuvée au Sommet de l’Union africaine par tous les chefs d’État africains en juillet 2018. Elle mobilise l’ensemble des membres de la société, à savoir les dirigeants politiques qui contrôlent les décisions politiques et les budgets publics, les entreprises du secteur privé qui bénéficieront d’une main-d’œuvre exempte de paludisme et les communautés touchées par la maladie, dont l’adhésion aux interventions de lutte contre le paludisme et la prise en main de celles-ci sont essentielles pour en assurer la réussite.

« De manière générale, le monde a accompli des progrès incroyables dans la lutte contre le paludisme. Mais nous sommes encore trop loin du but final recherché : un monde sans paludisme. Chaque année, le nombre de nouveaux cas de paludisme dans le monde dépasse les 200 millions. Et toutes les 2 minutes, un enfant meurt de cette maladie que l’on peut prévenir et traiter », a déclaré le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« Les effets néfastes du paludisme vont bien au-delà des pertes en vies humaines : en effet, le paludisme pèse lourdement sur les systèmes de santé, entravant la productivité et fragilisant la croissance économique. En définitive, l’investissement dans les soins de santé universels est le meilleur moyen de faire en sorte que toutes les communautés aient accès aux services dont elles ont besoin pour combattre le paludisme », a-t-il ajouté.

En réponse aux données et aux tendances publiées dans le rapport sur le paludisme dans le monde, l’OMS et le Partenariat RBM ont récemment lancé une nouvelle approche intitulée « D'une charge élevée à un fort impact » qui vise à remettre la lutte antipaludique sur les rails, en particulier dans les pays où la charge de morbidité est la plus élevée. L’approche repose sur les quatre piliers suivants :

  1. La volonté politique de réduire les décès dus au paludisme
  2. Des informations stratégiques pour un maximum d’impact
  3. De meilleures orientations, politiques et stratégies
  4. Une riposte nationale coordonnée contre le paludisme 

Mardi, l’OMS s’est félicitée du lancement par le gouvernement du Malawi du premier vaccin antipaludique au monde dans le cadre d’un programme pilote historique. Ce pays est le premier des trois pays africains où le vaccin sera mis à la disposition des enfants de moins de 2 ans. Le Ghana et le Kenya introduiront le vaccin dans les semaines à venir.

 

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