Des experts de l'ONU demandent à Israël d'annuler l'expulsion du directeur de Human Rights Watch

25 avril 2019

Trois experts des droits de l'homme de l'ONU ont exhorté jeudi les autorités israéliennes à annuler l’expulsion du directeur de l’ONG Human Rights Watch pour Israël et la Palestine et à lui permettre de poursuivre son travail en faveur des droits humains.

Michael Lynk, Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme dans le territoire palestinien occupé depuis 1967 ; Michel Forst, Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme ; et David Kaye, Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression ont exprimé leur vive inquiétude face à la révocation du permis de travail d’Omar Shakir, directeur de Human Rights Watch pour Israël et la Palestine.

« Cette décision menace la défense des droits, la recherche et la liberté d'expression pour tous et reflète une résistance troublante au débat public », ont déclaré les experts de l'ONU, la qualifiant de « revers pour les droits des défenseurs des droits humains en Israël et dans le territoire palestinien occupé ».

« Les motifs de révocation du permis de travail de M. Shakir semblent être directement liés à sa défense des droits humains et n'ont rien à voir avec une quelconque affirmation de conduite illégale », ont dit MM. Lynk, Forst et Kaye.

Le 16 avril, un tribunal israélien a confirmé une ordonnance d'expulsion de M. Shakir. Human Rights Watch fera appel de la décision de la Cour de district devant la Cour suprême israélienne. Les experts de l'ONU ont indiqué qu’ils continueront de suivre l'affaire de près.

Israël a révoqué le permis de travail de M. Shakir au motif qu'il avait soutenu le mouvement de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS) par le passé. Les experts de l'ONU notent que Human Rights Watch a déclaré que ni l'organisation, ni M. Shakir ne promeut le boycott d'Israël. L’ONG de défense des droits humains s'efforce de décourager le soutien économique à la colonisation illégale menée par Israël.

Les experts de l'ONU ne prennent pas position sur le BDS. Ils soulignent toutefois que l'expression d'un soutien ou d'une opposition au BDS est pleinement garantie par les droits à la liberté d'opinion, d'expression et d'association.

« La capacité des organisations et des défenseurs des droits de l'homme à s'engager activement dans le travail de la société civile pour défendre et promouvoir les principes garantis par la Charte internationale des droits de l'homme est un test décisif pour mesurer le respect des libertés démocratiques dans toute société », ont déclaré les rapporteurs spéciaux. « L'étouffement de ces libertés sape toute affirmation du gouvernement à respecter les libertés et les valeurs fondamentales ».

« Nous exhortons Israël à annuler cette décision, à permettre à M. Shakir et à Human Rights Watch de continuer sans entrave à défendre les droits humains et à respecter pleinement ses obligations en matière de droits humains dans ses relations avec les organisations palestiniennes, israéliennes et internationales des droits humains », ont conclu MM. Lynk, Forst et Kaye.

 

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