Syrie : dans le camp d'Al Hol, 2.500 enfants étrangers ont besoin d’une aide urgente (ONU)

18 avril 2019

Un haut responsable des Nations Unies a appelé jeudi la communauté internationale à aider d’urgence quelques 2.500 « enfants étrangers » qui seraient apatrides et vivent dans le camp pour personnes déplacées d'Al Hol, dans le nord-est de la Syrie.

« Aujourd'hui, je lance un appel spécial en faveur des enfants », a déclaré Panos Moumtzis, le Coordinateur humanitaire régional de l’ONU pour la crise syrienne, lors d’une conférence de presse à Genève. « Ces enfants ont un père et une mère, et leur père et leur mère ont une nationalité, et une solution doit donc être trouvée (…) pour les enfants », a dit le haut fonctionnaire du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

75.000 personnes ont fui Daech pour trouver refuge dans le camp d'Al Hol. 65.000 résidents du camp, pour la plupart des femmes et des enfants, sont arrivés ces 100 derniers jours. Des arrivées massives qui ont présenté d’énormes défis pour les travailleurs humanitaires sur place.

« Il s'agit d'une situation extrême et extraordinaire. Je ne pense pas que nous ayons jamais vu un aussi grand nombre de personnes dans une situation de protection complexe, et il est clair que cela exige que de nombreux acteurs travaillent ensemble pour pouvoir trouver une solution », a dit M. Moumtzis qui  a appelé les gouvernements dont sont originaires les personnes du camp « a trouver une solution ».

Notant que les agences humanitaires présente à Al Hol sont « toujours en mode d'urgence », M. Moumtzis a néanmoins insisté sur le fait que la situation s'était « stabilisée ».

Les propos du haut responsable onusien font suite aux informations faisant état de plus de 100 personnes mortes en route vers le camp d’Al Hol ou tombées gravement malades après avoir voyagé pendant des jours dans des conditions hivernales difficiles dans leur fuite de Baghouz, l'ancien bastion de Daech dans l’est de la Syrie.

Interrogé sur la nationalité des personnes se trouvant dans le camp d’Al Hol, M. Moumtzis a indiqué qu'« environ 43% sont des ressortissants syriens, 42% sont des ressortissants iraquiens et 15% sont des ressortissants étrangers ». 90% des 75.000 personnes du camp sont des femmes et des enfants.

Les ressortissants « qui ont été soupçonnés d'avoir commis des crimes, doivent alors être traités selon le droit international, dans ce pays », a ajouté le responsable onusien, avant d'insister sur le fait qu'il n'était pas question pour l'ONU d’apporter son aide aux extrémistes violents.

« Ce que je peux tout d'abord dire catégoriquement, c'est que les gens que nous aidons sont tous des civils », a dit M. Moumtzis, ajoutant que « nous n'aidons pas les gens en fonction de leur idéologie ».

A Idlib, des civils toujours en danger

Dans toute la Syrie, l'ONU et ses partenaires viennent en aide à 5,5 millions de personnes chaque mois.

La situation des civils à Idlib, dans le nord-ouest du pays, est toujours très préoccupante. La région abrite quelque trois millions de personnes, qui dépendent de l’aide humanitaire transfrontalière acheminée depuis la Turquie. La moitié de ces personnes ont été déplacées pendant la guerre qui a fait des centaines de milliers de morts et détruit une grande partie de l'infrastructure du pays depuis le début du conflit en 2011.

Depuis août 2018, Idlib a été largement protégé des pires combats par un accord de cessez-le-feu mis en œuvre par la Russie et la Turquie, bien que des affrontements se poursuivent. Depuis le début de l'année, plus de 70.000 personnes ont dû fuir les zones démilitarisées, a indiqué M. Moumtzis.

« La poursuite du cessez-le-feu mis en place depuis l'été dernier est vraiment cruciale, afin d'éviter une catastrophe comme nous le craignions tous étant donné le grand nombre (de personnes) et la surpopulation, ainsi que la nature des personnes présentes », a-t-il expliqué.

S'agissant du camp de Rukban, situé à la frontière sud de la Syrie avec la Jordanie, M. Moumtzis a déclaré que si 700 autres personnes étaient « spontanément parties » mardi pour se rendre dans des zones contrôlées par le gouvernement, d'importants problèmes humanitaires et de protection subsistent pour les milliers de personnes déplacées qui s'y trouvent encore.

« Une question clé encore en suspens est celle d'un prochain convoi », a déclaré M. Moumtzis. « Nous restons vraiment préoccupés par les besoins des plus de 35.000 personnes qui se trouvent à Rukban. Le dernier convoi d'assistance qui a été mis en place remonte à plus de deux mois, et le moment est donc vraiment vraiment venu d’aller de l'avant », a-t-il souligné.

 

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