Nigéria : l’ONU appelle le gouvernement à aider 10.000 civils forcés de quitter leur ville dans l’Etat de Borno

11 avril 2019

Le Coordonnateur humanitaire de l’ONU au Nigéria, Edward Kallon, a appelé jeudi le gouvernement nigérian à fournir une assistance humanitaire à près de 10.000 femmes, hommes et enfants forcés de s'installer à Maiduguri, la capitale de l'État de Borno, après avoir dû quitter leur ville à 40 kilomètres de là.

Le 8 avril 2019, l'armée nigériane a ordonné le départ immédiat de 10.000 civils au milieu de la nuit, sans préavis, et les a forcés à quitter la ville de Jakana.

Les civils ont ensuite été transportés par bus ou par camion vers le camp de Bakassi pour personnes déplacées. Selon les militaires, les civils auraient été relocalisés pour des raisons de sécurité avant des opérations prévues dans cette région où sévit le groupe extrémiste Boko Haram.

« Toute la ville de Jakana a été vidée et les habitants ont été obligés de déménager à Maiduguri avec très peu de temps pour récupérer leurs effets personnels. Certaines personnes ont déclaré être arrivées à Maiduguri sans rien, pas même des chaussures aux pieds », a déclaré M. Kallon dans un communiqué de presse publié par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

« Les Nations Unies exhortent le gouvernement à fournir de toute urgence sécurité, abris, nourriture, eau et soins médicaux aux civils déplacés, et à les informer sur le jour où ils seront autorisés à rentrer chez eux », a-t-il ajouté.

L’ONU et ses partenaires humanitaires appellent le gouvernement nigérian à prendre toutes les mesures pratiques possibles pour assurer la protection des civils et le plein respect des droits des individus, conformément aux obligations qui lui incombent en vertu du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l'homme, a souligné OCHA.

Les Nations Unies réaffirment leur détermination à soutenir les efforts nationaux et locaux visant à garantir que les civils touchés par le conflit dans les États de Borno, Adamawa et Yobe puissent avoir accès à l'assistance humanitaire et aux services de protection dont ils ont besoin.

 

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