Yémen : 14 enfants tués dans une explosion à Sana'a (UNICEF)

9 avril 2019

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a indiqué qu’au moins 14 enfants ont été tués et 16 autres civils ont été blessés suite à une explosion dans le district de Shu’aub, à Sana'a, au Yémen. L’incident s’est produit près de deux écoles. 

Parmi les enfants blessés, certains sont dans un état « critique », souligne l'UNICEF dans un communiqué de presse. Les enfants grièvement blessés, dont beaucoup luttent pour leur vie, sont maintenant dans des hôpitaux à Sana'a, la capitale du Yémen. 

« La plupart ont moins de neuf ans. Le nombre réel d’enfants tués et blessés est susceptible d’augmenter », a déclaré mardi lors d’un point de presse à Genève, Christophe Boulierac, porte-parole de l’UNICEF. 

Au total, ce sont plus de 400 enfants qui ont tués et grièvement blessés depuis début 2019. 

Avant cette « explosion meurtrière » dans la capitale yéménite, une attaque avait eu lieu le 9 mars dernier à Hajjah, au nord de Hodeïda, au cours de laquelle 12 personnes avaient été tuées à leur domicile et 14 autres avaient été blessées. « En 2018, l’attaque la plus horrible a été celle perpétrée contre le bus scolaire à Saada », a également relevé Christophe Boulierac.

« Seule une solution politique inclusive mettra fin aux violences », selon l'envoyé de l'ONU pour le Yémen

« Tuer et mutiler des enfants sont de graves violations des droits de l’enfant », met en garde l’agence onusienne qui souligne que « l’explosion est un autre rappel que même les écoles ne sont pas sûres au Yémen ». Une école sur cinq ne peut plus être utilisée,  conséquence directe du conflit. Certaines ont été attaquées directement, d’autres ont été utilisées à des fins militaires. 

Au Yémen, aujourd’hui, pour plus de 2 millions d’enfants, aller à l’école est un rêve lointain. L’UNICEF redoute d’ailleurs que l’explosion de dimanche décourage davantage les parents à envoyer leurs enfants à l’école.

Par ailleurs, l’Envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths,  s’est déclaré « profondément attristé par la mort tragique de civils, la majorité étant de jeunes écolières ».

Dans une déclaration publiée mardi, Martin Griffiths a rappelé que les pertes en vies humaines montrent les terribles conséquences du conflit sur les personnes les plus vulnérables de la société et que les civils « continuent de souffrir des impacts dévastateurs du conflit ».

Face à cette situation, il appelle toutes les parties à déployer tous les efforts possibles pour mettre fin aux souffrances des civils et à permettre aux jeunes Yéménites de grandir en paix et en sécurité. « Seule une solution politique inclusive mettra fin à ce cycle de violence et de destruction », a dit M. Griffiths.

 

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