A Genève, des maires discutent comment parvenir à des villes vivables et durables

8 avril 2019

« Parvenir à la ville intelligente et durable est un objectif majeur et il est légitime qu’il occupe une place essentielle dans la réflexion des villes », a déclaré Sami Kanaan, le Maire de la ville de Genève, à l’occasion de la première Journée des villes au Palais des Nations.

Le « premier magistrat » de cette localité du Lac Léman a ainsi insisté sur le rôle « des villes, acteurs majeurs du développement durable » pour une évolution pratique et utile de l’action publique dans les années à venir.

Pour la première fois, les Maires et Maires adjoints d’un grand nombre de villes d’Europe se sont réunis au Palais des Nations à Genève, sous l’égide de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU), pour partager leurs connaissances.

Parvenir à la ville intelligente et durable est un objectif majeur

L’objectif de cette rencontre avec une quarantaine de maires est d’échanger sur leurs bonnes pratiques autour du thème « Villes intelligentes et durables ».

« Est-ce qu’une ville peut être le moteur du développement durable, cela ne fait aucun doute car l’ONU donne des exemples qui illustrent à quel point les villes sont en général les moteurs de l’évolution du monde », a d’ailleurs fait valoir l’édile genevois.

Mais si Genève a plaidé pour des villes durables et résilientes, cette « transformation du monde » se fera plus facilement avec un meilleur engagement des pouvoirs étatiques.

« C’est vrai que les Etats font les lois en général », a d’ailleurs précisé M. Kanaan, rappelant ainsi l’importance de l’arsenal juridique et des leviers législatifs pour appuyer l’implantation effective de l’agenda 2030 sur le développement durable. 

 

Mikael Grahn (Sweden) pour ONU Habitat
'Marina City' - Concours de dessin urbain d'octobre d'UN Habitat (2015)

 

Les villes, acteurs clés du développement durable

Pourtant malgré ces obstacles et défis, le maire de Genève revendique la force et la légitimité de la proximité des acteurs du terrain bien implantés dans les villes.

« Si les villes se mettent ensemble, les Etats devront suivre le mouvement », fait-il remarquer.

Dans ces conditions, l’une des pistes avancées est de faciliter l’échange de bonnes pratiques, d’idées et de projets innovants au sein des nombreux réseaux locaux et internationaux de villes.

Les villes génèrent plus de 80 % du PIB mondial et sont des acteurs majeurs pour relever les défis liés aux changements climatiques.

« Ça permet aussi de faire entendre la voix des villes au niveau international. Il s’agit de porter la voix des villes sur le plan international et les Nations Unies développent des liens avec les réseaux de ville pour un échange très proche du terrain. Car nous sommes proches de la réalité du terrain », insiste le responsable de la ville, siège de la Genève internationale et ville hôte de nombreuses organisations internationales.

Dans ce combat, les villes de Genève ou de Tirana (Albanie) pourront compter sur le soutien de la CEE-ONU pour faciliter cette transition vers des villes durables et intelligentes.

A cet égard, la Secrétaire Exécutive de la CEE-ONU a rappelé que si les villes sont les principaux moteurs de la croissance économique et génèrent plus de 80 % du PIB mondial, elles se sont également imposées comme des acteurs majeurs pour relever les principaux défis liés aux changements climatiques, à la dégradation de l’environnement, la cohésion sociale ou à la mobilité.

La Charte de la CEE-ONU pour une transition vers des villes durables et intelligentes

Selon Olga Algayerova, la Charte de Genève des Nations Unies sur le logement durable, adoptée par la CEE-ONU et ses états membres, aide d’ailleurs ceux-ci à assurer par exemple, l’accès à un logement décent, abordable et sain pour tous.  D’autant que l’accès à un logement décent et abordable régresse, en particulier pour les populations vulnérables.

Par ailleurs, la CEE-ONU a élaboré des directives-cadres concernant les normes d’efficacité énergétique dans les bâtiments qui peuvent renforcer l’action des villes en faveur du climat. Or les villes consomment environ 60 % de l’énergie mondiale et produisent 70 % des émissions de gaz à effet de serre et des déchets.

Autre défi relevé par l’Agence onusienne, l’anticipation des villes sur l’impact du vieillissement de la population sur les services publics, surtout avec près de 195 millions d’habitants dans la région âgés de 65 ans ou plus.

« Les recommandations de la CEE-ONU aident les pays à s’adapter aux besoins de populations vieillissantes », a ajouté la Cheffe d’ONU-CEE.

Au total, ce sont plus de 70 documents d’orientation nationaux (lois, programmes stratégiques et plans d’action) qui ont été élaborés sur la base des profils de pays de la CEE-ONU concernant le développement urbain, le logement et l’aménagement du territoire.

A noter que la région de la CEE-ONU est la plus urbanisée au monde. Près de 75 % de la population vit dans les villes en Europe, 80 % en Amérique du Nord et près de 50 % en Asie centrale. Une proportion qui devrait continuer à augmenter alors que les villes consomment actuellement « environ 60 % de l’énergie mondiale et produisent 70 % des émissions de gaz à effet de serre et des déchets ».

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.