​​​​​​​Myanmar : l’ONU préoccupée par l’intensification des combats dans l’État de Rakhine

5 avril 2019

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’est dit profondément préoccupé par l’intensification du conflit ces dernières semaines dans l’État de Rakhine. Au moins sept civils auraient été tués mercredi dans des tirs d’hélicoptères de l’armée gouvernementale confrontée à une rébellion dans l’ouest du Myanmar.

Lors de la dernière escalade, dans la soirée du 3 avril, « deux hélicoptères militaires ont survolé le village de Hpon Nyo Leik dans le sud de la ville de Buthidaung et ont tiré sur des civils qui travaillaient dans les rizières, faisant au moins sept morts et 18 blessés », a déclaré au cours d’un point de presse ce vendredi à Genève Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat.

L’ONU précise que l’attaque est survenue dans une zone confrontée à un afflux massif de plusieurs milliers de Rohingyas.

Le conflit entre l’armée du Myanmar, connue sous le nom de Tatmadaw, et l’Armée de l’Arakan a donné lieu à « des informations crédibles concernant des meurtres de civils, des incendies de maisons, des arrestations arbitraires, des enlèvements, des tirs aveugles dans des zones civiles et des dommages aux biens culturels ».

Selon l’ONU, les combats ont touché des civils de différentes ethnies dans les États de Rakhine et de Chin, notamment ceux de Rakhine, Rohingya, Chin, Mro et Daignet.

« Alors que la communauté internationale prend des mesures pour la reddition des comptes des crimes commis contre des civils ces dernières années, le Haut-Commissariat regrette que « l’armée du Myanmar mène à nouveau des attaques contre ses propres civils, des attaques pouvant constituer des crimes de guerre ».

« Les conséquences de l’impunité continueront d’être meurtrières », a insisté l’ONU.

Plus de 20.000 civils déplacés par les combats dont 4.000 Rohingyas

Ces dernières semaines, les affrontements entre les soldats gouvernementaux et l’Armée de l’Arakan ont redoublé d’intensité. Selon des informations reçues au Bureau des droits de l’homme des Nations Unies, les combats se sont même propagés ces dernières semaines dans les municipalités de Buthidaung, Rathedaung, Kyauktaw, Mrauk-U et Sittwe, dans l’État de Rakhine, entraînant le déplacement de plus de 20.000 civils.

Les services de la Haut-Commissaire Bachelet ajoutent qu’environ environ 4.000 Rohingyas ont été déplacés du 25 au 30 mars des villages situés le long de la route reliant les villes de Buthidaung et de Rathedaung. Les personnes déplacées s’étaient réfugiées vers l’ouest et avaient trouvé refuge dans des zones telles que le village de Hpon Nyo Leik.

L’impact de la violence sur les civils dans le nord de Rakhine a été exacerbé par la quasi-suspension de l’accès humanitaire par le Gouvernement depuis janvier 2019.

« Nous condamnons ce qui semble être des attaques aveugles et des attaques dirigées contre des civils par l’armée du Myanmar et les combattants armés dans le contexte des combats en cours avec l’Armée de l’Arakan », a ajouté Mme Shamdasani.

Face à cette situation, le Haut-Commissariat appelle la Tatmadaw (Armée du Myanmar) et l’armée arakane à mettre immédiatement fin aux hostilités et à veiller à la protection des civils. Selon les services de la Haut-Commissaire Bachelet, l’accès humanitaire à toutes les zones du nord de Rakhine doit être rétabli de toute urgence, y compris les zones touchées par les récents affrontements.

A noter qu’en 2017, une répression par l’armée d’un mouvement rebelle rohingya avait poussé plus de 700.000 Rohingya à s'exiler au Bangladesh.

 

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