L'ONU plaide en faveur d'une refonte du système financier mondial pour un développement durable

4 avril 2019

Faute d’un remaniement des systèmes financiers nationaux et internationaux, les gouvernements du monde entier échoueront dans leurs engagements liés à la lutte contre le changement climatique et à l'éradication de la pauvreté d'ici 2030, prévient un nouveau rapport publié par l’ONU et d’autres organisations internationales, dont le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l'Organisation mondiale du commerce.

Dans ce rapport, intitulé Financement du développement durable 2019, ces organisations internationales notent toutefois avec satisfaction que les investissements se sont renforcés dans certains pays et que l'intérêt porté aux investissements durables a augmenté.

En revanche, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 1,3% en 2017 ; les investissements dans de nombreux pays sont en baisse ; et 30 pays en développement sont à présent exposés à un risque élevé de surendettement ou sont déjà surendettés. Dans le même temps, la croissance mondiale semble avoir culminé à environ 3%.

Le rapport estime que changer la trajectoire actuelle du financement du développement durable ne consiste pas simplement à augmenter les investissements. La réalisation des objectifs mondiaux a besoin du soutien du système financier et de politiques favorables aux niveaux mondial et national.

Mais la mise en place de ces conditions favorables devient de plus en plus difficile. Les changements rapides aux niveaux technologique, géopolitique et climatique transforment nos économies et nos sociétés.

« La confiance dans le système multilatéral lui-même se détériore notamment parce que nous ne réalisons pas une croissance inclusive et durable pour tous », a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, dans la préface du rapport. « Notre défi commun consiste à rendre les systèmes commerciaux et financiers mondiaux propices à la promotion du développement durable et à une mondialisation équitable ».

Photo ONU/Jean-Marc Ferré
La Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Amina J. Mohammed.

 

Pour réorganiser l'architecture institutionnelle mondiale et rendre l'économie et la finance plus durables, les auteurs du rapport proposent : de soutenir la transition vers des investissements orientés sur le long terme avec la prise en compte des risques liés au développement durable ; de réviser les mécanismes de restructuration de la dette souveraine ; de moderniser le système commercial multilatéral ; de relever les défis liés aux systèmes fiscaux empêchant les pays de mobiliser des ressources suffisantes dans une économie mondiale de plus en plus numérisée ; et de trouver des solutions à la concentration croissante du marché, ayant des conséquences sur les inégalités.

« Nous avons une opportunité majeure de surmonter les obstacles liés au financement durable en 2019 », a déclaré Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales et Président du Groupe de réflexion qui a publié le rapport, Zhenmin Liu. « Il incombe aux gouvernements de s'engager à nouveau pour le multilatéralisme et de prendre les mesures politiques qui créeront un avenir durable et prospère ».

Lors d’une conférence de presse jeudi à New York, la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina J. Mohammed, a aussi appelé la communauté internationale à prendre des mesures en s’appuyant sur les recommandations du rapport.

« Au lieu de renoncer à la coopération multilatérale, il nous faut renforcer l’action collective pour relever les défis mondiaux en faveur du développement durable », a-t-elle déclaré.

 

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