Gaza : un an après la Grande marche du retour, les Palestiniens toujours traumatisés par les violences (UNRWA)

29 mars 2019

Un grand nombre de Palestiniens, en particulier de jeunes hommes, ont été tués et blessés lors de la « Grande marche du retour », a rappelé vendredi l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) dans un rapport publié un an après le début de ces manifestations à Gaza.

Le 30 mars 2018, entre 40.000 et 50.000 Palestiniens ont manifesté – la majorité d’entre eux de manière pacifique – près de la zone séparant Gaza d’Israël. Ces hommes, femmes et enfants manifestaient contre le blocus israélien et pour le droit au retour des réfugiés palestiniens.

Selon les chiffres du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) en date du 22 mars 2019, les forces de sécurité israéliennes ont tué 195 Palestiniens dont 41 enfants lors de ces manifestations.

Pour le Commissaire général de l’UNRWA, Pierre Krähenbühl, les lourdes pertes humaines enregistrées lors de la « Grande marche du retour » ont été largement sous-estimées. Près de 29.000 personnes ont été blessées lors de ces manifestations dont plus de 7.000 par des tirs à balles réelles.

« Plus de gens ont été blessés en environ 10 jours de manifestations, pour la plupart pacifiques, que pendant les 50 jours d’une guerre totale en 2014 », avait déploré M. Krähenbühl le 27 juin 2018. Pour le Commissaire général, le nombre important de victimes recensées « aurait dû engendré des réactions beaucoup plus robustes ».

Les Nations Unies ont exprimé leur préoccupation concernant le recours excessif à la force dont ont fait usage les forces de sécurité israéliennes lors de ces manifestations. Un recours qu’elles jugent contraire aux normes applicables en vertu du droit international.

« Des blessures qu’ils porteront à jamais comme une cicatrice »

Un an après la « Grande marche du retour », les personnes blessées lors de ces manifestations ont toujours besoin de soins médicaux et d’assistance psychosociale sur le long terme.

« Depuis que les manifestations en grande partie pacifiques ont commencé il y a un an, non seulement près de 200 personnes sont mortes, mais des milliers d'autres ont subi des blessures qu’elles porteront à jamais comme une cicatrice », a déclaré Matthias Schmale, le Directeur des opérations de l'UNRWA à Gaza.

« Les pertes tragiques et inutiles en vies humaines, l'incapacité des personnes blessées à travailler ou à retourner à l'école et les conséquences psychologiques à long terme de cette violence les affecteront pendant de nombreuses années, ce qui ne fera qu'ajouter à leur désespoir », a-t-il ajouté.

Avec les informations recueillies au cours de ses opérations et les témoignages de son personnel et de ses bénéficiaires, le rapport d’UNRWA reflète l'impact dévastateur des violences liées aux manifestations hebdomadaires sur la vie, les moyens de subsistance et la santé des réfugiés palestiniens et sur les services de l’agence onusienne. La violence actuelle et ses conséquences tragiques ont pesé sur tout le système de santé et le système social à Gaza, y compris sur les services fournis par l’UNRWA.

Le bilan humain de la « Grande marche du retour » est particulièrement élevé chez les enfants : 20% (533) des personnes soignées pour blessures dans les dispensaires de l'UNRWA ont moins de 18 ans, la grand majorité (95%) étant des garçons. L’agence onusienne s’est également dit profondément préoccupée par la mort de 13 élèves de ses écoles et par l'incapacité probable des 227 enfants blessés - la plupart ont entre 13 et 15 ans - de poursuivre leurs études, en particulier en cas d'absences prolongées.

L’UNRWA aide les patients en convalescence à se remettre des blessures causées lors des manifestations en offrant des soins médicaux vitaux et des conseils psychosociaux dans ses centres de santé et ses écoles.

« Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour absorber l'énorme pression exercée sur nos établissements de santé et autres », a déclaré M. Schmale.

Mais pour le responsable de l’UNRWA, les manifestations de la « Grande marche du retour » s’inscrivent dans le contexte plus large de la crise humanitaire sans précédent dans la bande de Gaza et des plus de 12 ans de blocus israélien : « celui d'une situation désastreuse pour les réfugiés de Palestine qui ont besoin d'une solution juste et durable ».

 

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