Le Conseil de sécurité à Ouagadougou pour soutenir le Burkina Faso face à la menace sécuritaire

24 mars 2019

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a conclu dimanche sa mission au Sahel avec une visite de 24 heures dans la capitale du Burkina Faso, au lendemain d’une attaque meurtrière dans le centre du Mali.

La visite à Ouagadougou visait « à épauler le Burkina Faso dans ses efforts pour faire face à la menace sécuritaire à laquelle il est confronté et pour l’aider aussi dans le chemin de son développement », avait expliqué François Delattre, l’Ambassadeur de France à l’ONU dans une vidéo publiée jeudi par la mission française.

La France, qui préside le Conseil de sécurité au mois de mars, est coorganisatrice avec l’Allemagne et la Côte d’Ivoire de cette visite de terrain de trois jours au Sahel.

Le déplacement au Burkina Faso, deuxième étape d’une mission qui a commencé vendredi au Mali, avait pour objectif de permettre au Conseil de sécurité de mieux saisir les ressorts de la crise sécuritaire et humanitaire qui touche le pays et la région du Sahel.

« Nous sommes ici pour en apprendre davantage sur la crise émergente dans le pays et pour soutenir le gouvernement et la société civile dans leurs efforts pour y faire face », a déclaré sur Twitter le diplomate britannique, Stephen Hickey, qui fait partie de la délégation du Conseil de sécurité.

A Ouagadougou, la délégation du Conseil de sécurité a d’abord rencontré l’équipe-pays des Nations Unies au Burkina Faso. 19 agences onusiennes sont présentes dans ce pays enclavé d’Afrique de l’Ouest.

La Coordonnatrice résidente des Nations Unies au Burkina Faso, Metsi Makhetha, et le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas, ont salué la visite « importante et opportune » du Conseil de sécurité au pays des hommes intègres.

Le Burkina Faso est confronté à une crise humanitaire sans précédent. Les affrontements intercommunautaires et les attaques terroristes dans le nord du pays frontalier du Mali ont provoqué des déplacements massifs de population, détériorant davantage la situation de communautés déjà vulnérables.

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Au début du mois, l’ONU a octroyé quatre millions de dollars de son Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires (CERF) pour renforcer l’aide immédiate aux populations déplacées du Burkina Faso. Mais la communauté humanitaire a besoin de 100 millions de dollars en 2919 pour venir en aide aux quelques 900.000 personnes les plus durement touchées par cette crise.

La visite du Conseil de sécurité au Burkina Faso a également donné lieux à des « échanges importants et riches » avec les représentants de la société civile burkinabè.

« Grâce à l'appui des partenaires dont notamment le Système des Nations Unies, nous arrivons à faire des réalisations malgré le contexte difficile », a ainsi expliqué à la délégation du Conseil, Aziz Diallo, le maire de Dori - ville du nord du pays confrontée à l'insécurité.

La délégation du Conseil de sécurité a été reçue dimanche soir par le Président du Burkina Faso, Roch Kaboré, et s’est entretenue avec le gouvernement burkinabè afin d’évaluer la situation sécuritaire actuelle dans le pays et explorer l'assistance éventuelle que l’organe onusien pourrait apporter.

Pays de la bande sahélienne dont les régions frontalières sont en proie aux violences et à l’insécurité, le Burkina Faso et le Mali ont joint leurs efforts avec la Mauritanie, le Niger et le Tchad au sein du G5 Sahel et de sa Force conjointe pour combattre le terrorisme qui sévit dans la région.

Samedi à Bamako, le Conseil de Sécurité a réaffirmé son soutien à la Force conjointe du G5 Sahel et indiqué qu’il réexaminerait le 28 mars les modalités techniques de son opérationnalisation qui est « prioritaire », avait rappelé l’Ambassadeur Delattre. Cette Force conjointe est toujours confrontée à un manque de moyens et de financement.

« Le Mali et le Burkina Faso sont un barrage qui retient le flot du mal », a expliqué le gouvernement burkinabè à la délégation du Conseil de sécurité dans des propos rapportés par le diplomate britannique, Stephen Hickey, sur Twitter. « Si (le barrage) venait à s'effondrer, le mal se propagerait au sud et à l'est », a prévenu Ouagadougou.

 

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