Les bénéfices de la participation des femmes au pouvoir sont incontestables (ONU)

12 mars 2019

Au deuxième jour des travaux de la 63ème session de la Commission de la Condition de la Femme (CSW), un évènement de haut niveau a été organisé pour soutenir l'égalité des femmes et leur participation politique et l'exercice du pouvoir, au Siège de l’ONU à New York.

« Nous sommes confrontées à un revers et l'événement d'aujourd'hui est essentiel pour renverser cette situation », a déclaré la Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, en inaugurant les travaux de la réunion « Les femmes au pouvoir ».

 « Si nous suivons la tendance actuelle, il nous faudra 107 ans pour atteindre la parité : plus d'un siècle. Mais le plus grave, c'est qu'il y a seulement quatre ans, en 2015, on prévoyait que cet écart se comblerait dans 30 ans », a signalé María Fernanda Espinosa Garcés.

L’ancienne ministre des affaires étrangères équatorienne a déploré qu’aujourd’hui encore, les hommes constituent 90% des chefs d’Etat et de gouvernement et 76% des parlementaires. La présidente de l’Assemblée générale a ainsi lancé un appel à l’action pour soutenir les femmes dans des positions de leadership.

Résistance, discrimination et violences impactent les femmes au pouvoir

María Fernanda Espinosa Garcés a rappelé les défis et obstacles auxquels sont confrontées les femmes au pouvoir aujourd’hui, allant de la résistance au sein de leur propre parti, aux récurrentes critiques portant sur leurs vêtements au lieu de leurs idées, jusqu’aux violences pour les intimider.

Les bénéfices de la participation des femmes dans l’exercice du pouvoir et dans la prise de décisions sont « incontestables ».
- María Fernanda Espinosa Garcés 

« Les bénéfices de la participation des femmes dans l’exercice du pouvoir et dans la prise de décisions sont « incontestables » », a-t-elle affirmé.

La Présidente de l'Assemblée a ainsi que souligné que « l'égalité des sexes et la participation des femmes à la vie politique favorisent la stabilité économique et contribuent au renforcement des institutions », et « qu’une plus grande représentation des femmes dans les parlements permet de progresser dans la réforme des lois discriminatoires et d'accroître les investissements dans des domaines clés tels que la santé, l'éducation et la protection sociale ».

 Aussi lorsque les femmes participent aux négociations de paix, « la possibilité que l'accord dure plus de quinze ans augmente de 35% », a-t-elle indiqué.

La parité au Conseil de direction de l’ONU pour la première fois dans l'histoire 

Le Secrétaire général de l’ONU a ensuite pris la parole affirmant que nous vivons dans un monde dominé par des hommes et avec une « culture masculine dominatrice », contre lesquels il faut lutter.

« Pour la première fois dans l'histoire, le Conseil de direction de l'ONU est composé d'un plus grand nombre de femmes que d'hommes » s’est félicité  António Guterres. De même, la parité est de mise pour la fonction de coordonnateur-résident, et l’ONU est en voie d’atteindre la parité pour les postes de direction d’ici à 2021, a-t-il ajouté.

Il a noté qu'il restait des résistances et des obstacles à la poursuite des progrès au sein de l'ONU. Nous lutterons contre ces résistances et nous n’abanderons pas, a promis António Guterres.

Pousser pour le changement

La Directrice exécutive de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes) a pour sa part indiqué que pour la première fois des femmes occupent  simultanément les présidences de l'Assemblée générale, du Conseil économique et social (ECOSOC), du Conseil d'administration d'ONU Femmes et de la CSW, ainsi que le poste de Vice-Secrétaire générale des Nations Unies. 

Phumzile Mlambo-Ngcuka a salué la parité en vigueur au sein des Nations Unies. Elle a toutefois déploré le fait qu’actuellement dans le monde, seul  dix États ont des gouvernements paritaires et à peine 5% des grandes entreprises ont des femmes au poste de Président-Directeur général, déclarant que « malheureusement, les institutions ont été créées par et pour les hommes ».

Le cheffe d’ONU Femmes a invité les femmes à « faire pression sur les pressions ». « Les femmes ont donc l’obligation de pousser pour le changement, partout où elles se trouvent, afin d’ouvrir la voie pour celles qui viendront après elles », a affirmé Mme Mlambo-Ngcuka.
 

UN Photo/Evan Schneider
La Présidente de la lithuanie, Dalia Grybauskaitė, prends la parole lors du panel de la réunion de haut niveau sur "Les femmes au pouvoir" qui s'est tenue dans la salle de l'Assemblée générale dans le cadre de la 63e Commission de la condition de la femme (CSW), le 12 mars 2019.

Partage d’expériences des cheffes d’État et de gouvernement

A la suite des allocutions liminaires, une série de panels a été organisée dans la salle de l’Assemblée générale, permettant à plusieurs cheffes d’État, de gouvernement et ministres, de partager leurs expériences et se livrer aux questions-réponses de l’audience. Elles ont évoqué les défis au moment de leur prise de pouvoir, soulignant que souvent l’on commentait leurs tenues, leur prise de poids et qu’on ne les reconnaissait pas dans leur fonction de dirigeante.

« Je peux illustrer ce dernier point car cela vient de m’arriver à l’instant » a signalé la Première ministre de l’Islande, Katrín Jakobsdóttir, « juste avant de rentrer dans la salle, on m’a demandé : 'où est le Premier ministre?' ».

Plusieurs dirigeantes ont également partagé les moments qui les aidaient à maintenir leur dévouement dans l’exercice du pouvoir. La Présidente de la Lituanie a évoqué les images des fenêtres cassées du parlement de son pays lors des révoltes de 2009. « Cela m’a poussé à venir, à être responsable et à affronter les difficultés, pour résoudre les problèmes et aider les autres », a indiqué Dalia Grybauskaitė.

Tous les jours, lorsque je vois les visages de notre peuple, les sacrifices que celui-ci fait, la liberté que nous avons acquise il y a trente ans, la confiance que les citoyens portent en l’avenir du pays, et que nous nous portons, cela m’inspire à aller de l’avant, a conclu la dirigeante lituanienne.

 

 

 

 

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