Diamants : l’Assemblée générale de l’ONU réaffirme son appui au Processus de Kimberley

1 mars 2019

L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté vendredi, à l’unanimité, une résolution réaffirmant « son appui ferme et constant » au Système de certification du Processus de Kimberley qui a pour objectif de prévenir la vente de diamants issus de zones de conflits sur le marché international. 

Ce système de certification a permis de passer des « diamants du sang » aux « diamants de la paix », comme l’a souligné la Roumanie qui a présenté la résolution au nom de l’Union européenne, présidente du Processus de Kimberley en 2018.  

La résolution salue les progrès faits par le Processus afin de rompre le lien entre le commerce des diamants et les conflits. Le texte encourage l’exploration de nouvelles voies pour faire du Processus un outil de la consolidation de la paix et du développement durable.

Lancé en 2000 à l’initiative des pays producteurs de diamants d’Afrique australe, le Processus de Kimberley est un système de certification international qui réglemente le commerce des diamants bruts. C’est aussi une instance technique tripartite entre les gouvernements, l’industrie mondiale du diamant et la société civile qui a comme objectif majeur d’endiguer le flux des « diamants de la guerre » ou « diamants du sang » dont se servent des groupes armés pour financer des conflits.

En novembre 2018, le Processus comptait 55 participants représentant 82 pays, l’Union européenne (UE) comptant pour un seul participant.

L’UE s’est félicitée vendredi du fait que depuis 2003, la part des « diamants de la guerre » dans le commerce mondial est passée de 15% à 1% aujourd’hui. Pour plusieurs pays et communautés, le Processus de Kimberley a fait la différence entre la vie et la mort, entre la guerre et la paix. Il continue de contribuer à la consolidation et au maintien de la paix, a renchéri l’Australie.

La Sierra Leone a déclaré que tous ses diamants exportés passent maintenant par le mécanisme de certification du Processus, se réjouissant que le commerce illicite ait été réduit au minimum.

Devant ce succès, l’Union européenne a dit encourager les approches régionales pour relever les défis de la conformité, en tirant parti de l’expérience de l’Union du Fleuve Mano. Elle a salué les efforts visant à développer une approche similaire dans la région d’Afrique centrale et l’engagement de la République centrafricaine à assurer la traçabilité des livraisons de ses diamants bruts.

Une petite quantité de diamants dans le monde toujours liés au conflits armés

Israël, première bourse du diamant au monde, a rappelé avoir passé avec succès l'examen par ses pairs en 2017. Il a dit avoir été félicité non seulement pour avoir respecté les normes minimales du Processus et pour être en totale conformité, mais surtout pour ses processus d’audit stricts, son organisation en matière de données et son application uniforme du Processus.

Mais le système n’est pas parfait, a reconnu Israël qui a fait observer que 0,2% des diamants dans le monde sont toujours liés aux conflits armés et à la violation des droits de l’homme.

D’autres propositions pour améliorer le Processus ont été faites et notamment par l’Inde, Présidente du Processus en 2019. L’une de ses priorités cette année est de soutenir les pays miniers alluviaux et artisanaux par une aide technique et un renforcement des capacités, a-t-elle annoncé.

La Russie qui assurera la Présidence en 2020, a prôné le partage d’informations « sans condition » entre les acteurs de la filière afin « d’exclure tout risque d’entrée sur le marché des diamants de synthèse ».

La Sierra Leone a soulevé les questions sociales liées au commerce du diamant, arguant que le Processus devrait obtenir des sociétés minières qu’elles établissent un cahier de charges pour le développement des communautés dans lesquelles elles travaillent. L’égalité des sexes dans l’industrie diamantaire est un autre aspect dans lequel le Processus pourrait s’engager, a estimé la Sierra Leone, compte tenu du pourcentage important de femmes dans le secteur minier.   

 

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