L'UNICEF s'inquiète pour l'avenir des enfants rohingyas réfugiés au Bangladesh

27 février 2019

Un demi-million d’enfants rohingyas à Cox’s Bazar, dans le sud du Bangladesh, sont des réfugiés apatrides, exposés à la frustration et au désespoir, et de plus en plus inquiets pour leur avenir, a prévenu mercredi le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

« Au Myanmar, la majorité [des Rohingyas] n'a ni identité légale ni citoyenneté. Au Bangladesh, les enfants ne sont pas enregistrés à la naissance, ils n’ont pas d’identité légale ni de statut de réfugié. Jusqu'à ce que les conditions au Myanmar permettent le retour des personnes éligibles, les enfants rohingyas restent une minorité sans statut », a expliqué l’UNICEF.

Selon l’agence onusienne, le manque de statut exclut ces enfants des programmes formels d'éducation et d'acquisition des compétences utiles ensuite pour trouver un emploi.

« L’obligation que nous avons en tant que société mondiale est immense : donner aux enfants et aux jeunes que le monde a défini comme 'apatrides' l’éducation et les compétences dont ils ont besoin pour se construire une vie décente », a déclaré la Directrice exécutive de l’UNICEF, Henrietta Fore, à l’issue d'une mission de deux jours à Cox's Bazar, avec l'Envoyé humanitaire du Secrétaire général des Nations Unies, Ahmed Al Meraikhi.

Selon l’UNICEF, l’effort humanitaire massif dirigé par le gouvernement bangladais avec l’aide internationale a permis de sauver de nombreuses vies d’enfants.

Il n’y a toutefois pas de solution viable en vue pour ces enfants rohingyas qui vivent dans l'un des plus grands camps de réfugiés au monde. La grande majorité a été forcée de fuir le Myanmar pour trouver refuge au Bangladesh en août 2017.

UNHCR/Adam Dean
Enfants réfugiés rohingyas dans un centre d'apprentissage situé dans le camp n ° 4 du camp de réfugiés de Kutupalong, au Bangladesh.

Investir dans cette génération d'enfants rohingyas

« Nous devons convenir maintenant, collectivement, d'investir dans cette génération d'enfants rohingyas, afin qu'ils puissent mieux naviguer dans leur vie d'aujourd'hui et contribuer de manière constructive à la reconstruction du tissu social du Myanmar lorsqu'ils seront en mesure de revenir », a déclaré le Dr Al Meraikhi. « Aujourd'hui, sans identité légale, ils sont à la merci des trafiquants ».

Quelque 155.000 enfants âgés de 4 à 14 ans bénéficient actuellement d’un programme d’apprentissage de l'UNICEF qui offre une éducation et des compétences de meilleure qualité et plus structurées.

La priorité pour 2019 est d'atteindre les adolescents plus âgés afin de les aider à acquérir des compétences de base en lecture, écriture et calcul, ainsi que des compétences professionnelles pertinentes.

Cox’s Bazar, l’un des districts les plus pauvres du Bangladesh, bénéficiera également d’un soutien plus important pour la communauté hôte locale.

« C’est un travail crucial, mais une goutte d'eau dans un océan de besoins. C'est une situation intenable », a déclaré Mme Fore. « Une génération d'enfants et de jeunes rohingyas ne peut être laissée sans l'éducation et les compétences nécessaires pour se construire une vie. S'ils deviennent autonomes, leurs communautés deviendront également autonomes et prospéreront. Avec le bon investissement, les Rohingyas peuvent être un atout pour leur communauté et pour le monde ».

Pour 2019, l'UNICEF Bangladesh a lancé un appel de 152 millions de dollars pour fournir un soutien essentiel à 685.000 réfugiés rohingyas et résidents de la communauté d'accueil. En février, l’appel était financé à hauteur de 29%.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.