Syrie : forte augmentation du nombre d'enfants morts de froid dans les camps (UNICEF)

27 février 2019

Malgré les avertissements répétés, le nombre d'enfants morts d'hypothermie à Rukban, dans une région frontalière de la Syrie et de la Jordanie, continue d'augmenter à un rythme alarmant. Depuis le début de l'année, un enfant est décédé tous les cinq jours, déplore le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

« Sur les 12 enfants décédés cette année, cinq étaient des nouveau-nés qui n'avaient même pas passé la première semaine de leur vie. Les premières heures, jours et mois de la vie sont les plus critiques pour la survie du nourrisson », a déclaré Geert Cappelaere, Directeur régional de l'UNICEF pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

« Malgré tous les efforts déployés par la communauté humanitaire pour fournir un soutien d’urgence, les conditions désespérées à Rukban n’en font tout simplement pas un lieu où un enfant peut naître ou grandir », a-t-il ajouté.

Les conditions désespérées à Rukban n’en font tout simplement pas un lieu où un enfant peut naître ou grandir - Geert Cappelaere (UNICEF)

L’UNICEF rappelle la mise en garde adressée il y a un mois avertissant que  les températures glaciales et le manque de soins de santé mettaient grandement en danger la vie des enfants de Rukban. Depuis lors, huit autres enfants de moins de cinq ans sont morts faute d’avoir reçu des soins de santé, déplore le Fonds.

Plus tôt en février, un convoi conjoint de l'ONU et du Croissant-Rouge arabe syrien a été en mesure d’acheminer des fournitures en matière de santé, de nutrition, d'hygiène et d'éducation aux quelque 40.000 personnes vivant à Rukban. Mais cette mesure bienvenue n’a apporté qu’un soulagement temporaire aux enfants et aux familles du camp.

L’UNICEF appelle toutes les parties concernées à trouver d’urgence des solutions durables pour mettre fin aux années de souffrance que ces familles ont subies. « Si les parties belligérantes ne parviennent pas à s’entendre sur un plan durable pour les enfants à Rukban, l’UNICEF leur demande de faciliter immédiatement un accès humanitaire durable, sans entrave et sans conditions aux enfants dans le besoin », a souligné Geert Cappelaere.

« Combien de mises en garde supplémentaires faudra-t-il pour empêcher les enfants de mourir? Il n'y a plus de temps à perdre », a conclu le Directeur régional de l’UNICEF.

Nouvel afflux de déplacés au camp d’Al-Hol

De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué mercredi qu’au cours des trois derniers mois, plus de 37.000 personnes, principalement des femmes et des enfants fuyant les hostilités dans les zones rurales de Deir-ez-Zor, sont arrivées dans le camp d'Al-Hol, dans le gouvernorat d'Al-Hasakeh (nord-est de la Syrie).

L’OMS précise qu’au 23 février, 73 décès avaient été enregistrés. Les nourrissons représentent près des deux tiers de tous les décès.

Deux décès sur trois sont survenus dans différentes zones du camp, le reste dans des hôpitaux. De nombreux nourrissons et jeunes enfants sont morts d'hypothermie durant le trajet vers le camp ou peu après leur arrivée, indique l’agence onusienne.

Selon l’OMS, le grave surpeuplement et le manque d’abris suffisants observés dans le camp forcent les nouveaux arrivants, principalement des femmes et des enfants vulnérables, à dormir dehors. Or, ceux-ci sont particulièrement exposés au froid, au vent et à la pluie. Leur situation est aggravée par le fait qu’ils ne reçoivent aucune couverture, aucun matelas, aucun vêtement ou autre assistance avant leur transfert dans des abris situés dans la zone d’accueil.

La pénurie de médicaments essentiels et d'installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement est un autre problème dans les zones de réception surpeuplées, note l’agence. Un grand nombre d’enfants et de femmes enceintes restent bloqués dans cette zone et n’ont pas accès aux services de santé maternelle et infantile et de santé procréative à proximité.

L’OMS estime que la situation va probablement s'aggraver car des milliers de nouveaux déplacés continuent d'arriver dans le camp. Beaucoup de ces personnes ont besoin de soins de santé d'urgence à leur arrivée car il existe très peu d'établissements de santé dans les zones rurales de Deir-ez-Zor.

 

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