Migrations : après l’adoption du pacte de Marrakech, l’Assemblée générale examine sa mise en œuvre

27 février 2019

Trois mois après avoir signé le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, adopté à Marrakech, l’Assemblée générale des Nations Unies a examiné mercredi à New York sa phase de mise en œuvre. 

« Aujourd’hui, notre engagement porte désormais sur la mise en œuvre du Pacte mondial sur les migrations », a déclaré la Présidente de l’Assemblée générale, Maria Fernanda Espinosa, à l’ouverture d’un débat consacré aux migrations internationales et au développement.

La Présidente de l’Assemblée générale a annoncé avoir nommé les représentants permanents du Bangladesh et de l'Espagne en tant que co-facilitateurs du processus visant à déterminer les modalités du "Forum d'examen des migrations internationales", qui sera chargé du suivi de la mise en œuvre du Pacte. A cet égard, elle a rappelé qu’une « participation active et constructive des États » à ce processus est essentielle « afin que nous puissions mettre en place un mécanisme souple et efficace de suivi et d’apprentissage » de son application.

Si plusieurs pays ont déjà commencé à faciliter l’échange de bonnes pratiques pour l’application du pacte, Mme Espinosa a toutefois exhorté les États à mettre à disposition de meilleures données et des informations rigoureuses, fondées sur des preuves reflétant la réalité des migrations. « N'oublions pas que derrière les chiffres et les statistiques se trouvent des êtres humains, des familles, des noms », a-t-elle rappelé. « Personne ne laisse derrière lui sa famille, sa terre, ses attaches, sans raison impérieuse ».

Les migrations internationales et le développement durable sont deux thématiques constamment à l’ordre du jour multilatéral. La Présidente de l’Assemblée générale a souhaité que les échanges dans le cadre de ce débat puissent contribuer à rendre visible le lien et l'interdépendance entre les deux questions.

« Nous ne pourrons atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) si nous n'incluons pas de manière exhaustive les migrants », a-t-elle martelé. De fait, l’objectif 10.7 fait référence à la nécessité de faciliter une migration sûre, régulière et responsable et appelle à la mise en œuvre de politiques de migration planifiées et bien gérées. Or, a-t-elle déploré, ces dernières années, le monde a été témoin de grands mouvements migratoires ayant causé des milliers de morts.

C’est pourquoi il est essentiel d’inclure les migrants dans les politiques et actions visant à élargir l’accès à une éducation de qualité, à la santé, au logement et aux services de base, mais aussi à la construction de sociétés pacifiques et inclusives. Réaliser les ODD, dans tous les pays et régions, permettra, selon Mme Espinosa, de minimiser les facteurs défavorables à l'origine des migrations. À ses yeux, la réalisation des ODD constitue le meilleur outil de prévention des migrations.

Plus de la moitié des migrants sont des femmes

Mme Espinosa a appelé les États membres à s’intéresser plus particulièrement à la situation et aux besoins des femmes migrantes. Ces dernières représentent plus de la moitié de la population migrante dans le monde. « Elles sont plus vulnérables à la violence et à l'exploitation », a déploré Mme Espinosa, rappelant que les femmes et les filles représentent 71% de toutes les victimes de la traite des personnes.

Elle a a également souhaité mettre l’accent sur la relation entre les migrations et les politiques de travail. L’accès au travail décent est l’une des clés de la réussite des ODD et constitue une « question prioritaire » de sa présidence, annonçant la tenue le 10 avril prochain d’une manifestation pour commémorer le centenaire de l'Organisation internationale du travail (OIT), qui « nous permettra d’examiner l’évolution et l’avenir du marché du travail » et les migrants doivent être intégrés dans cette analyse.

La Présidente de l’Assemblée générale a tenu à rappeler l'énorme contribution des migrations au développement. La plupart des transferts de fonds des migrants vers les pays en développement et leur contribution à l'économie est trois fois plus importante que l'aide publique au développement. En 2017, 600 milliards de dollars ont été envoyés, dont 450 milliards aux pays en développement. Les migrants contribuent ainsi à la réalisation des objectifs spécifiques du Programme 2030 tels que la réduction de la pauvreté, l'éradication de la faim et la promotion de la santé.

En outre, 85% des revenus des travailleurs migrants restent dans les pays de destination. Les migrants contribuent également à la croissance économique des pays d’accueil et à la création d’emplois. Dans ce monde globalisé et interdépendant, la mobilité humaine doit être appréhendée comme une opportunité, et comme un vecteur du développement.

 

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