Émirats arabes unis : des experts onusiens demandent la libération d’Alia Abdulnoor

26 février 2019

Des experts des droits de l'homme de l’ONU ont appelé mardi les Émirats arabes unis (EAU) à libérer Alia Abdulnoor, une prisonnière atteinte d'un cancer du sein en phase terminale, afin de lui permettre de vivre ses derniers jours à son domicile dans la dignité et avec sa famille.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par l'intégrité physique et mentale de Mme Abdulnoor et par les informations selon lesquelles les conditions de détention lui causent des douleurs inutiles », ont déclaré les experts.

La torture et les mauvais traitements sont universellement et absolument interdits. Toute déclaration résultant de la torture ne sera pas invoquée comme preuve

Alia Abdulnoor se trouve actuellement détenue à l'hôpital de Tawam, dans une pièce sans fenêtre et sans ventilation, enchaînée et gardée en permanence.

Selon les experts elle aurait été soumise à des traitements inhumains et dégradants.

Mme Abdulnoor a été arrêtée par les autorités de la sûreté de l'État le 28 juillet 2015 et accusée de « financement du terrorisme » après avoir aidé à collecter des fonds pour les familles syriennes dans le besoin, aux Émirats arabes unis, et pour les femmes et les enfants touchés par la guerre en Syrie.

« Nous voudrions rappeler aux Émirats arabes unis que la torture et les mauvais traitements sont universellement et absolument interdits et que toute déclaration résultant de la torture ne sera pas invoquée comme preuve », ont déclaré les experts. Selon les informations reçues, Mme Abdulnoor aurait été maintenue en détention secrète et à l'isolement pendant six mois. Elle aurait été soumise à de graves humiliations physiques et psychologiques, à des menaces, et contrainte de signer des aveux écrits obtenus sous la torture.

Nous appelons les autorités à libérer Mme Abdulnoor et à lui permettre de vivre ses derniers jours de vie dans la dignité et avec sa famille à la maison  

Le cancer du sein de Mme Abdulnour a atteint son stade final et la maladie s’est maintenant propagée aux organes vitaux. En novembre 2018, son état de santé se détériorant a incité les autorités à la transférer à l'hôpital de Mafraq.

Toutes les demandes de libération pour raisons médicales de la famille de Mme Abdulnoor ont été rejetées. 

La dernière demande soumise il y a quelques semaines a été suivie de son transfert, le 10 janvier 2019, de Mafraq à l'hôpital Tawam à Al Ain, où elle continuerait de se voir refuser les médicaments appropriés pour soulager sa douleur.

« Nous appelons les autorités à libérer Mme Abdulnoor et à lui permettre de vivre ses derniers jours dans la dignité et avec sa famille à la maison », ont déclaré les experts.

« Nous appelons également l'État à enquêter sur les actes de torture et les mauvais traitements présumés et à poursuivre le ou les auteurs présumés conformément aux obligations qui lui incombent en vertu du droit international des droits de l'homme », ont conclu les experts.

L’appel à la libération a été lancé mardi par le Rapporteur spécial sur le droit de toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale, Dainius Pūras; le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Nils Melzer; ainsi que par la Rapporteure spéciale sur la promotion et la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, Fionnuala Ní Aolái. 

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