Yémen : l'ONU et ses partenaires recherchent des fonds pour sauver des millions de personnes

24 février 2019

Les préparatifs sont en cours de finalisation aux Nations Unies pour un appel de 4,2 milliards de dollars destiné à accroître l'aide à des millions de personnes au Yémen, où des années de guerre ont créé la plus grave urgence humanitaire au monde.

La situation reste « horrible » pour tous les habitants du pays déchiré par la guerre, selon Jens Laerke, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

« Cela a vraiment été une année horrible pour des millions et des millions de personnes au Yémen qui sont littéralement au bord de la famine. Et elles ont besoin d’énormes quantités d’aide : dans les secteur de la santé, de l’eau et de l’assainissement, de l’éducation, etc. Nous sommes vraiment à la croisée des chemins », a-t-il déclaré.

Le porte-parole de l'OCHA a souligné que si l'ONU et ses partenaires humanitaires étaient bien conscients de cela, « nous devons nous attaquer aux causes profondes pour trouver une solution politique, mais en attendant, tout cela se produit, les gens souffrent et nous avons atteint une ampleur que nous avons pas vu de mémoire ».

L'année dernière, les programmes humanitaires ont été renforcés pour aider directement chaque mois huit millions de personnes, contre 3,5 millions en 2017.

Lors d'un briefing devant le Conseil de sécurité cette semaine, le chef des secours d'urgence des Nations Unies, Mark Lowcock, a expliqué que même si la situation à Hodeïda est plus calme que ces derniers mois, la violence s'est poursuivie ailleurs.

Les affrontements se sont même intensifiés dans certaines zones de première ligne - notamment à Hajjah, dans le nord-ouest du Yémen, a-t-il déclaré, de sorte qu'environ 80% de la population - environ 24 millions de personnes - ont besoin d'une assistance humanitaire et de la protection. Sur ce nombre, 14,3 millions ont des besoins « aigus », soit 27% de plus que l’année dernière, selon l’OCHA, et les deux tiers des districts du pays se trouvent dans une situation « d’avant famine ».

20 millions de personnes ont besoin d'aide pour se procurer de la nourriture, dont près de 10 millions qui sont au bord de la famine - Mark Lowcock, chef des affaires humanitaires de l'ONU

Quelque 20 millions de personnes ont besoin d'aide pour se procurer de la nourriture, dont près de 10 millions qui sont au bord de la famine », a-t-il déclaré. « Près de 240.000 de ces personnes sont actuellement confrontées à des niveaux catastrophiques de faim ».

En outre, près de 20 millions de personnes n’ont pas accès à des soins de santé adéquats et près de 18 millions n’ont pas assez d’eau potable ni d’assainissement adéquat.

A l'initiative des gouvernements suédois et suisse et en présence du Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, l'appel en faveur du Yémen vise également à sensibiliser le public au fait que plus de trois millions de personnes, dont deux millions d'enfants, souffrent de malnutrition aiguë.

Quelque 3,3 millions de personnes ont également été contraintes de quitter leurs maisons, dont 685.000 ont fui les combats le long de la côte ouest depuis juin 2018.

« C’est un plan qui vise à atteindre 19 millions de personnes dans le pays », a déclaré le porte-parole d’OCHA, Jens Laerke. « Il demande 4,2 milliards de dollars, c'est l'ampleur de la crise. Il s'agit du plus grand appel lancé pour un pays après quatre années de conflits quasi continus… L'année dernière, nous avons reçu 2,6 milliards de dollars, soit l'équivalent de 83% de ce que nous avons demandé, ce qui est d'environ 3 milliards de dollars ».

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), le nombre total de victimes civiles depuis mars 2015 est de 18.173 personnes.

Cela comprend 7 025 morts et 11 148 blessés - «pas la situation dans son ensemble», a déclaré aux journalistes à Genève, le porte-parole Rupert Colville, dans la mesure où ce chiffre ne concerne que les victimes que le personnel du HCDH a été en mesure de vérifier de manière indépendante.

« En cas d'incident majeur, nous essayons de faire venir du personnel, ce qui nous permet également d'identifier dans la plupart des cas l'auteur probable», a-t-il déclaré, « mais nous ne prétendons pas qu'il s'agit de tous les cas, car il y a certains endroits où nous ne pouvons pas nous rendre et, bien sûr, certaines victimes peuvent tout simplement ne pas être signalées».

Parmi les victimes du conflit au cours des quatre dernières années, le HCDH a attribué 4.585 morts aux actions de la coalition internationale dirigée par l’Arabie saoudite, 1.448 aux milices de l'opposition houthie et à leurs alliés, et 367 aux extrémistes d’Al Qaïda et de Daech.

 

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