Le Bangladesh instigateur de la Journée internationale de la langue maternelle

21 février 2019

Préoccupée par le fait qu’une langue disparaît toutes les deux semaines, l’Organisation des Nations Unies honore la diversité linguistique et célèbre les langues autochtones à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle. L’origine de la Journée prend sa source au Bangladesh, il y a près de 70 ans.

«Nous devons protéger notre patrimoine, notre culture et notre existence», a déclaré l'ambassadeur Masud Bin Momen, du Bangladesh, pays qui a exercé avec succès des pressions sur l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) en 1999 en vue de créer la Journée internationale de la langue maternelle. L'Assemblée générale des Nations Unies a officiellement reconnu cette Journée en 2008.

Les origines de la Journée datent de bien avant le 21 février 1952, mais ont été renforcées ce jour-là lorsque des étudiants de l'Université de Dacca et d'autres militants ont protesté contre une ordonnance du gouvernement déclarant l'ourdou comme seule langue nationale. Le Bangladesh à l'époque faisait partie du Pakistan. La manifestation meurtrière provoqua des troubles généralisés, qui aboutirent en 1956 à ce que le Bengali obtienne le statut officiel.

Nous devons protéger notre patrimoine, notre culture et notre existence  - Masud Bin Momen, Ambassadeur du Bangladesh

«C’est une partie de notre nationalisme bengali de promouvoir et de commémorer cette Journée pour la protection de notre langue mais aussi de toutes ces luttes ailleurs dans le monde», a déclaré M. Momen à ONU Info.

Le diplomate a ajouté que la Journée internationale de la langue maternelle célébrait également le multilinguisme dans le monde entier, en promouvant plus de tolérance et un «sens de la culture de la paix et de l’harmonie où la diversité n’est nullement préjudiciable pour les citoyens du monde, mais constitue un puissant instrument.»

Dans le cadre des célébrations de la Journée, l’Administration postale des Nations Unies émettra 18 timbres sur des langues mondiales, chacun disant «bonjour» en anglais et dans une douzaine d’autres langues.

En outre, un événement spécial a été organisé ce jeudi 21 février à New York, par le Bangladesh, le Guatemala, le Mozambique, le Nigéria et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, en collaboration avec le Département de l'Assemblée générale et de la gestion des conférences des Nations Unies (DGACM), le Département de la communication globale (DCG), l’Administration postale des Nations Unies et le bureau de liaison l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) à New York.

Disparition rapide des langues

La célébration de la Journée permet de rappeler que plus de 43% des quelque 6 000 langues parlées dans le monde sont menacées de disparition. Seules plusieurs centaines de langues sont véritablement valorisées dans le système éducatif et dans le domaine public, et moins d'une centaine sont utilisées dans le monde numérique.

La diversité culturelle et le dialogue interculturel, la promotion de l'éducation pour tous et le développement de sociétés du savoir sont des éléments phares de l'action de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). Il n'est pas possible d'atteindre ces objectifs sans un engagement de l'ensemble de la communauté internationale à promouvoir le multilinguisme et la diversité linguistique, et notamment de préserver les langues menacées de disparition.

Les langues constituent les instruments les plus puissants pour préserver et développer le patrimoine matériel et immatériel. Tout ce qui est fait pour promouvoir la diffusion des langues maternelles sert non seulement à encourager la diversité linguistique et l'éducation multilingue mais aussi à sensibiliser davantage aux traditions linguistiques et culturelles du monde entier et à inspirer une solidarité fondée sur la compréhension, la tolérance et le dialogue.

Selon l’UNESCO, toutes les deux semaines, une langue disparaît, emportant avec elle tout un patrimoine culturel et intellectuel.

La diversité linguistique est de plus en plus menacée à mesure que des langues disparaissent. 40% des habitants de la planète n’ont pas accès à un enseignement dans une langue qu’ils parlent ou qu’ils comprennent. Néanmoins, on constate des progrès dans le domaine de l’enseignement multilingue basé sur la langue maternelle, avec une prise de conscience croissante de son importance, en particulier pour les enfants d’âge préscolaire, et plus d’engagement en faveur de son développement dans la vie publique.

Les sociétés multilingues et multiculturelles existent à travers leurs langues, qui transmettent et préservent les savoirs et les cultures traditionnels de manière durable. 

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