Iraq : l’ONU appelle les acteurs politiques à surmonter leurs divergences

13 février 2019

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation en Iraq mercredi, l’envoyée de l’ONU dans ce pays a appelé tous les acteurs politiques à surmonter leurs divergences et à faire prévaloir l’esprit de compromis dans l’intérêt supérieur du peuple iraquien.

Quatre mois après la nomination par consensus du nouveau Premier Ministre, Adel Abdul-Mahdi, le gouvernement iraquien reste néanmoins incomplet, a indiqué Jeanine Hennis-Plasschaert, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour l’Iraq, devant le Conseil de sécurité.

Quatre ministères, dont ceux régaliens de la défense, de l’intérieur et de la justice - font l’objet de désaccords profonds, alors que la session du Parlement iraquien est suspendue, a-t-elle expliqué.

Selon elle, la formation du gouvernement iraquien est essentielle pour consolider les acquis en matière de sécurité et travailler au relèvement du pays. En attendant, ce sont les Iraquiens qui paient le prix fort de cette impasse, a-t-elle rappelé, saluant néanmoins l’adoption de la loi des finances, le 23 janvier au parlement, et celle des mesures contre la corruption.

La Représentante spéciale a en outre salué l’accord signé le 16 janvier entre le gouvernement fédéral et le gouvernement régional du Kurdistan pour harmoniser les pratiques douanières. Les négociations pour la formation du gouvernement dans la région du Kurdistan se poursuivent. L’appui à la stabilisation du pays demeure une priorité internationale, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Iraq, a affirmé Mme Hennis-Plasschaert pour qui la situation sécuritaire demeure préoccupante.

Malgré sa défaite militaire, Daech continue de poser une menace pour l’Iraq et la région, a-t-elle déclaré, en assurant de l’appui de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq (MANUI).

Elle a ajouté que les autorités iraquiennes ont condamné les frappes turques dans le nord du pays contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et appelé les deux pays à s’engager dans la voie du dialogue.

L’envoyée de l’ONU a souligné la nécessité d’une bonne administration de la justice dans le pays, la répression des crimes commis par Daech étant un élément clef pour la cohésion de l’Iraq. Elle a déploré la faible participation des femmes aux processus de décisions et exhorté les dirigeants politiques à y remédier.

1,75 million d’Iraquiens vulnérables

Cette année, la communauté humanitaire va se concentrer sur les besoins des 1,75 million d’Iraquiens vulnérables, y compris les personnes déplacées. Nous avons besoin, a dit la Représentante spéciale, de 700 millions de dollars pour financer le Plan de réponse humanitaire 2019.

Elle a précisé que depuis la Conférence internationale de février 2018 pour la reconstruction de l’Iraq, 53 projets ont été lancés portant notamment sur les services publics, la protection ou bien encore la réconciliation.

La Représentante spéciale a indiqué que l’atmosphère de désespoir qui régnait lors de l’occupation de Daech a laissé la place à l’optimisme et à l’espoir. Cependant, a-t-elle prévenu, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur le fait que la stabilisation à long terme de l’Iraq, ardemment désirée, est loin d’être aisée, ajoutant que la poursuite du soutien international sera cruciale.

 

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