Ukraine : la violence se poursuit et les civils continuent à payer un lourd tribut (ONU)

12 février 2019

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation dans l’est de l’Ukraine, deux hauts responsables onusiens ont noté mardi que la violence se poursuivait et que ce conflit continuait de faire des victimes parmi les civils.

Quatre ans après la signature des Accords de Minsk le 12 février 2015, la mise en œuvre des dispositions contenues dans ces accords reste « largement insuffisante », y compris dans ses aspects sécuritaires et politiques, a déclaré le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux affaires politiques, Miroslav Jenca, devant les membres du Conseil.

« Les négociations semblent avoir perdu de l’élan, les principales parties prenantes étant soit incapables soit réticentes à parvenir à un accord sur la marche à suivre », a constaté à regret le haut fonctionnaire. « Comme des incidents l’ont amplement démontré au cours des cinq dernières années, le conflit dans l’est de l’Ukraine n’est ni stagnant, ni gelé. C’est un conflit en plein cœur de l’Europe qui continue de faire des victimes ».

Les cinq nouveaux engagements pris par les principales parties prenantes à un cessez-le-feu l’an dernier, dans le cadre du Groupe de contact trilatéral, porte à plus d’une dizaine le nombre de tels engagements depuis le début du conflit. « Malheureusement, chacun de ces cessez-le-feu n’a guère duré », a déploré le Sous-Secrétaire général.

Si la violence a reculé depuis 2014, y compris s’agissant du nombre de pertes civiles, elles se poursuivent néanmoins, de même que les destructions, à un rythme hebdomadaire, tandis qu’environ 1,5 million de personnes sont toujours déplacées, a-t-il observé.

« La priorité immédiate pour les parties est de retirer leurs armes lourdes et leurs forces des zones peuplées et de protéger les infrastructures civiles vitales », a recommandé M. Jenca. Plus d’un demi-million de personnes vivent dans un rayon de cinq kilomètres de part et d’autre de la ligne de contact et sont les plus exposées aux tirs d’artillerie, aux coups de feu, aux mines terrestres et aux munitions non explosées.

Plus de 3 millions de personnes ont besoin d’aide

La Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires, Ursula Mueller, a également rappelé que les civils payaient un lourd tribut.

Elle a précisé que cette année 3,5 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire et de services de protection, alors que les infrastructures civiles sont toujours détruites ou endommagées.

Une nouvelle fois, Mme Mueller a appelé le gouvernement ukrainien à améliorer les passages aux points de contrôle et à adopter un cadre national pour le déminage. Elle s’est félicité qu’une loi en ce sens vienne d’être adoptée.

Malgré des problèmes d’accès, un environnement complexe et des ressources limitées, les travailleurs humanitaires ont aidé quelque 1,3 million de personnes l’année dernière.

 

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