Enfants soldats : l’ONU et l’UE unies pour mettre fin à ce fléau

12 février 2019

Les Nations Unies et l’Union européenne (UE) ont réitéré mardi leur engagement à œuvrer de concert afin de mettre fin au recrutement et à l'utilisation d'enfants soldats et appuyer efficacement la réintégration de ces derniers à la vie civile.

À l'occasion de la Journée internationale contre l'utilisation d'enfants soldats (12 février), les deux organisations se sont engagées à être « mieux équipées et plus complémentaires » dans la lutte contre ce fléau.

« Malgré des années d'engagement et de progrès sur cette question, le recrutement et l'utilisation d'enfants se poursuivent dans de trop nombreux conflits », ont déploré la Représentante spéciale de l’ONU pour les enfants dans les conflits armés, Virginia Gamba, et la Haut-Représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, dans une déclaration conjointe. « Ce sont des enfants enlevés à leurs familles et à leurs communautés, privés de leur enfance, de leur éducation, de leurs soins de santé et de l’opportunité de grandir dans un environnement sûr et favorable ».

Alors que la nature des conflits de vient de plus en plus complexe, l’ONU et l’UE jugent leur collaboration essentielle pour garantir la meilleure réponse possible aux garçons et aux filles utilisés et maltraités par, dans et pour les conflits armés. Au fil des ans, les deux organisations ont continuellement soutenu les efforts visant à prévenir le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les conflits, à assurer leur libération et à assurer leur réintégration.

En Ouganda, dans l'est de la République démocratique du Congo, en République centrafricaine, au Soudan ou en Syrie, l'UE a ainsi fourni une assistance aux enfants dans le besoin en réinsérant des enfants associés à des forces et groupes armés dans des familles ou en prenant en charge leur retour à l'école. En Mauritanie, l'UE appuie l’ONU afin qu'elle offre aux anciens enfants soldats maliens réfugiés un soutien psychosocial, une insertion dans le système éducatif et une réintégration socioéconomique. En Colombie, des centaines de mineurs affectés par le conflit armé et les groupes armés ont été identifiés afin qu’ils puissent bénéficier d’une aide à la réintégration. Au Soudan, un projet sur la libération et la réintégration des enfants soutient la mise en œuvre du plan d'action visant à mettre un terme au recrutement de mineurs.

« Une fois ces enfants libérés, nous nous efforcerons de les aider, en œuvrant notamment à ce que les conflits ne se reproduisent plus et à l’instauration d’une paix durable », ont déclaré Mmes Gamba et Mogherini.

Accès a l’éducation : donner la priorité aux enfants soldats

L’éducation est essentielle pour empêcher l’utilisation d’enfants dans les conflits et dans les efforts de réinsertion. L’ONU et l’UE estiment que les enfants soldats doivent pouvoir bénéficier en priorité d’aides à la réintégration dans le système scolaire.

« Chaque enfant a le droit de recevoir une éducation et la possibilité de décider de son avenir », ont déclaré Mmes Gamba et Mogherini.

À cette fin, l'UE souhaite augmenter le financement consacré à l'éducation dans les situations d'urgence à hauteur de 10% de son budget d'aide humanitaire à compter de cette année. Bruxelles souhaite également scolariser les enfants coincés dans des crises humanitaires dans les trois mois.

L'UE reste également un fervent partisan du mandat des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés, « qui est doté d'outils qui ont un impact réel sur le terrain ».

L’UE et l’ONU soutiennent actuellement la mise en œuvre de plans d’action visant à mettre un terme au recrutement et à l’utilisation d’enfants par 15 parties à un conflit et à prévenir leur recrutement, avec un engagement accru dans les pays figurant à l’agenda des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés. Ce travail, avec le soutien des Nations Unies et des ONG partenaires ainsi que des États membres, a permis la libération de milliers d'enfants en 2018. Les activités de plaidoyer et l'engagement conduisent également à des développements positifs visant à protéger les écoles et les hôpitaux et à lutter contre la violence sexuelle lors des conflits ainsi qu’à mettre fin et prévenir d’autres violations graves contre les enfants.

Pour l’ONU et l’UE, les enfants sont les « garants d'un avenir meilleur et il est de notre responsabilité commune de leur fournir les moyens de jouer leur rôle dans notre société ». « Nous continuerons à œuvrer pour que les droits humains des enfants soient pleinement intégrés aux travaux mondiaux sur la prévention des conflits, la consolidation de la paix, la médiation et la reconstruction », ont souligné Mmes Gamba et Mogherini.

 

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