Venezuela : les agences humanitaires de l’ONU sont à la disposition de la population dans le besoin

8 février 2019

La situation des Vénézuéliens ordinaires est de plus en plus critique, mais les Nations Unies ont affiché leur détermination à les aider sur le plan humanitaire, ont déclaré vendredi les agences des Nations Unies.

S’adressant aux journalistes à Genève, le Bureau de la coordination de l’aide humanitaire de l’ONU (OCHA), a souligné qu’il observait de près l’évolution de la situation à la frontière entre le Venezuela et la Colombie, où un convoi d’aide humanitaire est arrivé jeudi. 

« En ce qui concerne la situation à la frontière, oui, l’ONU la surveille de près », a déclaré Jens Laerke, porte-parole d'OCHA.

L'important c'est que l'aide, d'où qu'elle vienne, atteigne les Vénézuéliens qui en ont besoin.

« Je n’ai aucune information supplémentaire à ce jour sur la situation là-bas et je ne peux pas aller plus loin que ce que j’ai dit. Mais il y a certainement une surveillance étroite de cette situation », a-t-il ajouté. 

Les humanitaires ont demandé vendredi que toute l'aide possible atteigne les Vénézuéliens, y compris celle qui se trouve à la frontière avec la Colombie.

Le porte-parole d'OCHA a expliqué que l'important était que l'aide, d'où qu'elle vienne, atteigne les Vénézuéliens qui en ont besoin.

« Nous voulons que les Vénézuéliens recoivent toute l'aide possible. Et nous espérons que toute aide fournie aux Vénézuéliens leur sera acheminée.  C’est le message fondamental : l’aide humanitaire doit atteindre les personnes qui en ont besoin », a pour sa part déclaré Rhéal LeBlanc, le chef des relations presse de l'Office des Nations Unies à Genève.

Plus largement, jens Laerke a relevé que le dispositif onusien avait été renforcé depuis novembre.  

Plus de 300 membres de six organisations œuvrent dans le pays et « aucune indication » ne laisse penser qu’ils aient pu être empêchés de faire leur travail. 

« Depuis novembre, les agences des Nations Unies ont intensifié leurs activités existantes au Venezuela pour répondre aux besoins urgents en matière de santé, de nutrition et de protection », a ajouté le porte-parole d'OCHA.

 

Meridith Kohut / IRIN
Des personnes attendent pendant cinq heures pour acheter une ration de pain d'une petite boulangerie à Cumaná, au Venezuela (archives).

Moins de la moitié de l’appel de fonds reçue

Sur les 109,5 millions de dollars demandés, moins de la moitié a été reçue, soit 49,1 millions. L’ONU souhaite aider plus de 3,5 millions de personnes, dont 2 millions d’enfants. Au total, l’ONU a prévu des paquets médicaux, notamment pour aider 100.000 personnes atteintes de malnutrition grave ou aiguë en raison de la crise qui a lieu dans ce pays.

En 2018, environ 50 tonnes de médicaments et de fournitures ont été livrées au Venezuela par l’intermédiaire du Bureau régional de l'OMS (PAHO).

De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué, en coopération avec son Bureau régional des Amériques (PAHO), qu’elle a continué d’intensifier leur coopération technique avec le Ministère de la santé du Venezuela dans certains domaines. 

« Ces efforts visent spécifiquement à améliorer la gestion des systèmes de santé », a déclaré Tarik Jasarevic, porte-parole de l’OMS. Il s’agit pour l’agence onusienne basée à Genève de renforcer la prévention et le contrôle des maladies transmissibles et non transmissibles

L’OMS entend améliorer la gestion des interventions d’urgence, acheter des médicaments, des vaccins, des réactifs de laboratoire et d’autres fournitures pour les programmes de santé par l’intermédiaire du Fonds renouvelable régional pour les fournitures stratégiques de santé publique.

Par ailleurs, l’agence onusienne a souligné qu’à la fin de 2018, les niveaux de couverture vaccinale nationale en cas d’interruption des flambées de rougeole et de diphtérie étaient respectivement de 95% et 96%.

En 2018, environ 50 tonnes de médicaments et de fournitures ont été livrées au Venezuela par l’intermédiaire du Bureau régional de l'OMS, dans le cadre d’un effort soutenu visant à améliorer les soins de santé dispensés à la population.
 

UN Photo/Jean-Marc Ferré
Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général.

Respect des principes de neutralité et d’indépendance des opérations humanitaires

A noter que le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, a indiqué hier jeudi à New York que « l’aide humanitaire devrait être basée sur les besoins et dispensée dans le respect des principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance ». 

L’assistance et l’action humanitaires doivent toujours être indépendantes des objectifs politiques, militaires et autres.  

« Je pense que l’assistance et l’action humanitaires doivent toujours être indépendantes des objectifs politiques, militaires et autres », a ajouté Stéphane Dujarric. 

Dans la même veine, Rosemary Dicarlo, la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, avait souligné lors d’une réunion d’urgence au Conseil de sécurité le 26 janvier dernier la gravité de la situation au Venezuela. 

Selon Mme Dicarlo, les 30 millions de Vénézuéliens sont frappés par l’hyperinflation, la baisse des salaires et la détérioration des soins de santé.

Le PIB de Caracas devrait baisser de 18% cette année, avait-elle dit, notant également le doublement du taux de mortalité infantile au cours des dernières années.

L’UIP dénonce les actes d’intimidation et de harcèlement des parlementaires

Par ailleurs, le Comité des droits de l’homme des parlementaires de l’Union interparlementaire (UIP) s’est dit inquiet sur le sort des parlementaires vénézuéliens, dont nombre d’entre eux, ont signalé « des agressions physiques, des arrestations arbitraires, des interdictions de voyager et le non-respect général de l’immunité parlementaire ». 

« Dans ses décisions, le Comité a exhorté les autorités à mettre un terme immédiatement au harcèlement constant à l’égard d’une soixantaine de parlementaires vénézuéliens représentant la coalition de la Table de l’Unité démocratique », a déclaré Rogier Huizenga, le Secrétaire du Comité lors d’un point de presse vendredi à Genève.

La présidente du Comité ,Aleksandra Jerkov a également dénoncé des actes « intolérables » et fustigé « les actes d’intimidation et de harcèlement que subissent les parlementaires au Venezuela ».

« Nous demandons aux autorités vénézuéliennes de cesser immédiatement les agressions à l’encontre de nos collègues. Le respect de leur travail parlementaire et de l’intégrité de l’Assemblée nationale est absolument crucial pour trouver une solution pacifique à la crise que traverse actuellement le Venezuela », a dit Mme Jerkov, citée dans un communiqué. 

L’UIP veut aussi que le gouvernement vénézuélien justifie les restrictions contre le président du Parlement de l’Assemblée nationale, Juan Guaido. Il s’agit de « l’interdiction de voyager, dont il fait l’objet depuis que la Cour suprême a ouvert une enquête le 29 janvier ».  Le Comité demeure également préoccupé par les circonstances entourant son arrestation, brève mais arbitraire, le 13 janvier, au cours de laquelle il aurait été blessé.

Le Comité des droits de l’homme des parlementaires cherche à organiser une mission qui  se pencherait sur les inquiétudes de l'UIP concernant les membres de l'Assemblée nationale ainsi que l'Assemblée nationale en soit.  Elle chercherait également à fournir une aide de médiation dans la crise qui règne dans le pays.

 

 

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