Holocauste : l’ONU dénonce les dirigeants qui cautionnent aujourd’hui les discours de haine

31 janvier 2019

L’Holocauste a montré comment « les peuples peuvent passer d’une brutalité tolérée à la perpétration d’un génocide » et comment « les dirigeants qui cautionnent les discours de haine, ou qui profèrent des insultes antisémites ou xénophobes, encouragent leurs citoyens à faire de même », a déclaré jeudi la cheffe de la communication globale des Nations Unies.

Les actes courageux des Albanais qui ont sauvé des juifs pendant la Seconde guerre mondiale – un chapitre peu connu de l'histoire de l'Holocauste - ont été au centre des débats lors d’une réunion organisée jeudi à l’ONU dans le cadre d'une série d'événements marquant la Journée internationale du souvenir de l'Holocauste.

L'histoire de l'Holocauste s'étend de 1933 à 1945. Sous les Nazis, le gouvernement allemand et ses complices ont privé des hommes, des femmes et des enfants de leurs droits fondamentaux et commis le génocide de juifs européens.

« Pendant ce temps, des individus et des pays ont fait preuve d'un courage extraordinaire pour sauver des juifs », a déclaré Alison Smale, la Secrétaire générale adjointe de l’ONU pour la communication globale lors de l’ouverture de la conférence intitulée : « Une affaire d'humanité : le sauvetage des juifs en Albanie pendant la Shoah ».

« Les sauveurs ont fait le choix courageux d'aider en étant conscient des graves conséquences auxquelles ils, leurs familles et leur communauté, seraient confrontés s'ils étaient découverts en train d'aider des juifs », a-t-elle expliqué.

L'Albanie, « exemple de courage moral »

Reconnaissant la réponse de l’Albanie comme un « exemple de courage moral », Mme Smale a déclaré qu’elle « incarnait les principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme, selon laquelle toute personne a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne ».

La réponse albanaise a également soulevé des questions sur la responsabilité incombant à chacun de défendre les droits de l'homme, d'identifier des stratégies pour protéger ces droits et de connaître les conséquences de l'inaction, a souligné Mme Smale.

« Aujourd'hui, nous assistons à une montée en puissance du populisme, de la xénophobie, du néonazisme et de la haine, alimentant l'antisémitisme et d'autres formes de haine dans le monde », a-t-elle expliqué, soulignant le rôle de la société dans la documentation des discours et des crimes de haine. Un tel inventaire est « important » pour apprendre à lutter efficacement contre la haine, en combattre les causes profondes et créer des communautés résilientes et justes.

« Comprendre l'importance des actions historiques prises pour défendre les droits de l'homme - comme en Albanie - est le premier pas pour encourager ce comportement positif de la part des hommes », a souligné Mme Smale.

« Il est important de connaître l'histoire de la réponse de l'Albanie pendant l'Holocauste, car elle témoigne d'un comportement empreint de compassion », a-t-elle ajouté. « Cela nous rappelle que nous sommes tous responsables les uns des autres. Nous avons tous un rôle à jouer pour exiger et défendre les droits de l’homme ».

 

Photo ONU / Violaine Martin
Benjamin Orenstein, survivant de l'Holocauste, raconte son histoire personnelle à l'occasion de la Journée internationale à la mémoire des victimes de l'Holocauste, Palais des Nations, à Genève.

 

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