L’ONU s’inquiète de nombre élevé d’incidents affectant des écoles en Cisjordanie

30 janvier 2019

Des responsables des Nations Unies ont fait part mercredi de leur préoccupation concernant le nombre élevé d’incidents signalés ayant affecté des écoles en Cisjordanie depuis le début de l’année scolaire.

« Ces incidents ont des conséquences sur l’accès sans risque des enfants à l’éducation », ont déclaré le Coordonnateur humanitaire pour le Territoire palestinien occupé, Jamie McGoldrick, la Représentante spéciale de l’UNICEF dans ce territoire, Geneviève Boutin, et l’UNESCO, dans un communiqué conjoint.

Selon eux, « les incidents d'ingérence dans les écoles par les forces israéliennes, les démolitions, les menaces de démolition, les affrontements entre étudiants et forces de sécurité sur le chemin de l'école, les enseignants arrêtés aux points de contrôle et les actions violentes des forces israéliennes et des colons en certaines occasions, ont une incidence sur l'accès à un environnement d'apprentissage sûr et le droit à une éducation de qualité pour des milliers d'enfants palestiniens ».

De janvier à décembre 2018, l'ONU a documenté 111 ingérences dans le domaine de l'éducation en Cisjordanie touchant 19.196 enfants, soit une moyenne de plus de deux violations chaque semaine.

Plus de la moitié des incidents recensés concernaient des balles réelles, des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes lancées dans ou à proximité d'écoles par les forces israéliennes, ce qui a eu des répercussions sur la prestation de services d'éducation ou a blessé des élèves. Près des deux tiers des incidents dans des écoles de Cisjordanie ont eu lieu au cours des quatre derniers mois de 2018.

Actuellement, une cinquantaine d'écoles en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, sont menacées de démolition.

En 2018, cinq écoles de Cisjordanie ont été démolies ou saisies par les autorités israéliennes, notamment l'école communautaire d'Izbiq au nord de Naplouse, l'école Al Semeye au sud d’Hébron et les écoles Abu Nuwar et Jabel Baba à Jérusalem-Est.

De plus, depuis la mi-octobre 2018, l'école Sawiya al Luban, au sud de Naplouse, a été fermée pendant un jour et l'école du village de Khan al-Ahmar, à Jérusalem-Est, est toujours menacée de démolition, de même que le reste du village.

Une école secondaire pour garçons située près de Naplouse a également été fermée à deux reprises en raison de la violence des colons israéliens. Des enfants de cette école ont été hospitalisés pour des blessures multiples, notamment dues à des coups de feu.

Dans la zone H2 d’Hébron, des gaz lacrymogènes sont régulièrement utilisés autour des écoles et de nouvelles mesures sont appliquées aux points de contrôle qui exposent les élèves et les enseignants à la violence. Dans une école particulièrement touchée, plus de 20 incidents de ce type ont été répertoriés en 2018.

Du 11 au 13 novembre, des écoles de Gaza et du sud d'Israël ont été fermées pendant au moins une journée. Quatre écoles de Gaza ont subi des dégâts mineurs, un centre de soutien à l'apprentissage et un jardin d'enfants gravement endommagés.

« Les écoles doivent être respectées en tant que lieux d’apprentissage, de sécurité et de stabilité. La classe doit être un refuge contre les conflits, où les enfants peuvent apprendre et devenir des citoyens actifs », ont déclaré les responsables onusiens. « Les enfants ne doivent jamais être la cible de violences et ne doivent être exposés à aucune forme de violence ».

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