Face à l’impact du changement climatique sur la sécurité internationale, l’ONU souligne l’urgence d’agir

25 janvier 2019

Lors d’un débat vendredi au Conseil de sécurité de l’ONU sur l’impact des catastrophes liées au climat sur la paix et la sécurité internationale, des hauts responsables des Nations Unies ont souligné combien il était urgent d’agir face à des dangers bien réels.

« Les risques associés aux catastrophes liées au climat ne constituent pas un scénario dans un futur lointain. Ils sont déjà une réalité aujourd’hui pour des millions de personnes à travers le monde et ils ne vont pas disparaître », a prévenu la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo, devant les Etats membres lors de ce débat organisé par la République dominicaine.

Au Sahel et au Soudan, par exemple, le changement climatique a intensifié la compétition pour les ressources en terres, en fourrage et en eau, alimentant ainsi les tensions entre les éleveurs et les agriculteurs, a-t-elle noté.

Les déplacements liés au climat sont également devenus un problème aigu. Les sécheresses fréquentes et prolongées en Somalie ont été un facteur important dans le déplacement de plus de 2,6 millions de personnes, ce qui a pour effet d’alimenter les tensions locales ainsi que la traite des êtres humains, l’exploitation des enfants et le recrutement par des groupes armés, a ajouté Mme DiCarlo.

Pavel Kabat, Chef scientifique de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), a noté pour sa part que le changement climatique annulait les gains en matière de nutrition et d'accès à la nourriture ; augmentait le risque d'incendies de forêt et exacerbait les problèmes de qualité de l'air; augmentait le potentiel de conflit lié à l'eau; et entraînait davantage de déplacements internes et de migrations.

Le changement climatique « est de plus en plus considéré comme une menace à la sécurité nationale », a-t-il dit.

L'ONU intensifie ses efforts

Dans ce contexte, Rosemary DiCarlo a souligné que dans l'ensemble du système des Nations Unies, les efforts s'intensifiaient pour exploiter les capacités et affiner les réponses.

Elle a expliqué qu’à l’avenir l’ONU allait renforcer sa capacité d’analyse des risques. Le Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix (DPPA), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), en collaboration avec d’autres acteurs, vont  ainsi élaborer un système intégré pour analyser ces risques de sécurité liés au climat.

Elle a précisé que l’ONU allait aussi accroître son soutien au stratégies de prévention et de gestion du risque climatique sur le terrain et renforcer ses partenariats avec les Etats, les organisations régionales et la société civile pour développer une réponse collective.

« Les principales armées et entreprises ont depuis longtemps reconnu la nécessité de se préparer aux risques liés au climat, percevant à juste titre le changement climatique comme un multiplicateur de menaces. Nous ne pouvons pas rester à la traîne », a-t-elle conclu. « Nous devons agir maintenant, avec un sentiment d'urgence et nous engager à placer les personnes, en particulier les plus marginalisées et les plus vulnérables, au centre de nos efforts ».

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