Genève : le vœu de Michael Moller pour un rôle audacieux et crucial de la Conférence du désarmement

21 janvier 2019

En « ce moment critique de l’histoire », le Directeur général de l’Office des Nations Unies à Genève a formulé le vœu que les travaux de la Conférence du désarmement jouent le rôle audacieux et crucial que cet organe onusien a eu à jouer dans le passé. 

« L’Agenda du désarmement du Secrétaire général des Nations Unies, présenté ici à Genève en mai dernier, expliquait déjà le sentiment renouvelé de l’urgence dans ce domaine », a déclaré Michael Moller, Secrétaire général de la Conférence du désarmement (CD) à l’ouverture ce lundi à Genève de la session 2019.

Les difficultés liées à la non-prolifération persistent, a poursuivi M. Moller, « avec la perte de valeur accordée aux engagements en matière de désarmement nucléaire, aux programmes nucléaires qui se poursuivent et aux arsenaux nucléaires renforcés ». 

Les conflits d’aujourd’hui continuent de coûter la vie à des millions de victimes. L’emploi des armes chimiques ne suscite plus la révolte universelle, a-t-il regretté.

Le Directeur général a fait part de sa préoccupation sur le fait que le multilatéralisme soit l’objet d’attaque alors qu’il est le plus nécessaire

« Dans cette même salle, nous avons tous répété à maintes reprises notre profonde préoccupation face à l’état du désarmement mondial. Pendant ce temps, un dialogue constructif sur la bonne approche d’une foule de questions de désarmement continue de nous échapper », a-t-il poursuivi. 

Photo ONU/Elma Okic
La Salle du Conseil du Palais des Nations à Genève où se tient la Conférence sur le désarmement

 

L’architecture du désarmement est mise à l’épreuve, s’est-il inquiété.

Face à ces réalités qui mettent à rude épreuve les limites de l’architecture multilatérale et normative du désarmement, cette Conférence devrait être en mesure de démontrer qu’elle est prête à prendre les responsabilités qui sont les siennes

« Nous ne pouvons plus traiter cette question comme une discussion isolée », a mis en garde M. Moller. 

Selon le chef du Bureau de l’ONU à Genève, « nous devons à ceux qui nous font confiance de bien faire notre travail, en reconnaissant que, même si nous avons des points de vue différents, les conséquences de l’absence de précision dépassent les frontières et les positions nationales ».

A cet égard, il a rappelé, qu’à l’occasion du 40e anniversaire de la Conférence, cette instance avait été créée pour être un lieu neutre propice au dialogue. Elle permettait de garder une atmosphère de dignité même lorsque les divergences semblent insurmontables. 

Le Secrétaire général de la Conférence du désarmement s’est ainsi souvenu d’un organe « qui négociait activement ». Cela a pris du temps et la Conférence du désarmement a délibéré pendant des années.

La présidence ukrainienne espère une Conférence ayant un impact positif

« La Conférence a investi dans la création de compétences techniques et de communautés de pratique. Elle a investi dans une stratégie active », a-t-il déclaré. 

Plus de deux décennies plus tard, « nous voudrons peut-être nous demander ce que nous devons faire pour reconstruire les connaissances et l’élan qui a permis à la Conférence et à ses prédécesseurs de diriger les efforts visant à interdire des catégories entières d’armes et à en réglementer d’autres », a indiqué M. Moller.

Faire fi de cette manière de travailler qui a résisté à l’épreuve du temps encoure le risque de détruire les mécanismes sans qu’il y en est d’autres viable en vue pour les remplacer. 

Lorsque la négociation internationale fonctionne, c’est le monde qui est gagnant.

Lorsque la négociation internationale fonctionne, c’est le monde qui est gagnant.

Pour M. Moller, la session de l’année dernière a illustré que les travaux de la conférence du désarmement peuvent être poursuivis en dépit des clivages politiques

« Au minimum, ils peuvent vous permettre de discerner et explorer les convergences d’intérêts commun et le cas échéant d’atteindre le même objectif », fait-il remarquer.

La création de cinq organes subsidiaires en 2018 a montré l’ampleur des thématiques qui peuvent être traitées au sein de cette Conférence. 

L’élan créé par les avancées de 2018 doivent aujourd’hui donner une nouvelle impulsion aux débats et donner la possibilité de réfléchir aux nouvelles technologies d’armement. 

« Alors que vous poursuivez les travaux pendant la présente session, je suis conscient de la nécessité d’élargir le dialogue sur le désarmement, de lui insuffler de nouvelles idées, d’être conscient de la diversité des points de vue qui existent », a insisté M. Moller.

Pour se faire, le Secrétaire général de la Conférence du désarmement a demandé qu’on évite de surpolitiser les travaux de la Conférence et élargir ainsi le dialogue sur le désarmement notamment avec la société civile, en soutenant la tenue du forum informel annuel avec la société civile.

A noter que la Conférence du désarmement est présidée présentement par Kiev. 

Lors de la première séance publique de sa session de 2019, le Président de la Conférence et Représentant permanent de l’Ukraine auprès des Nations Unies à Genève a déclaré qu’en ces temps plein de défis, les membres de la Conférence ont la possibilité de produire un impact positif sur la sécurité internationale. 

« La Conférence peut bâtir l’avenir et reste le seul forum unilatéral pour les questions de désarmement. Il faut faire des progrès dans les régimes de désarmement et de non-prolifération et n’épargner aucun effort pour atteindre ces progrès », a fait valoir Yurii Klymenko.
 
 

Photo UNRWA

 

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