Libye : l’ONU exhorte la communauté internationale à appuyer l’organisation d’une Conférence nationale

18 janvier 2019

Le sud de la Libye est « le cœur vulnérable » du pays, a déclaré vendredi, devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies en Libye (MANUL), Ghassan Salamé, en rendant compte de la situation sécuritaire dans le pays. 

Intervenant par visioconférence de Tripoli, le Représentant spécial a fait part de son récent voyage à Saba, la capitale de la région du même nom, où il a pu écouter les témoignages émouvants des habitants qui endurent tant la brutalité de Daech, que  le débordement des égouts en raison des infrastructures désuètes, ou encore l’insécurité résultant de la porosité des frontières et la présence de mercenaires étrangers et de criminels.

Ghassan Salamé a appelé le gouvernement libyen et la communauté internationale à agir rapidement et de manière décisive pour soutenir le sud, rappelant que la colère des gens du sud s’était malheureusement manifestée dans des attaques contre les systèmes d’adduction d’eau et les infrastructures pétrolières, compromettant la lente relance de l’économie.

Par ailleurs, le Chef de la MANUL a signalé qu’après des mois d’accalmie dûs à l’accord de cessez-le-feu de septembre, Tripoli a une nouvelle fois été secouée par des affrontements, mais qu’ils avaient pu être contenus.  Selon lui, la guerre persiste toutefois, à Derna, et l’accès humanitaire demeure bloqué.

Des lueurs d’espoir

Ghassan Salamé a néanmoins souligné quelques lueurs d’espoir, dont l’élection de ministres et l’amélioration des conditions de vie pour les citoyens.  

L’économie continue de se stabiliser, a poursuivi le Représentant spécial, citant la dépréciation, sur le marché noir, du dinar par rapport au dollar américain, la baisse des prix des produits de consommation courante, la fin de la crise des liquidités, le déploiement des conseillers en crimes financiers et le processus d’audit de la Banque centrale. 

De même, la production pétrolière a augmenté pour atteindre jusqu’à un million de barils par jour, même si les troubles dans le sud l’ont fait baisser.

Selon M. Salamé beaucoup plus de temps et de travail sont nécessaires pour créer le secteur économique prospère, résistant et transparent dont a besoin la Libye. 

Il a précisé, à cet égard, que la Mission de l’ONU s'est réorganisée pour mieux soutenir cette transformation.

Vers une Conférence nationale

Les acquis restent « fragiles et réversibles », a fait valoir Ghassan Salamé, et il importe de s’attaquer aux dysfonctionnements politiques sous-jacents du pays pour les asseoir. 

C'est pourquoi, le Représentant spécial compte organiser une Conférence nationale. Nous travaillons nuit et jour pour réunir les bonnes conditions et les bonnes personnes pour pemettre à cette conférence d’aboutir à un résultat acceptable pour la majorité, a-t-il affirmé. 

La Conférence devrait notamment ouvrir la voie à la tenue d’élections présidentielles.  La date et le lieu de la Conférence seront annoncés une fois l’agenda national « pour reconstruire un État libyen civil capable et uni » accepté par les parties prenantes. 

En attendant, Ghassan Salamé a exhorté les membres du Conseil a envoyé des « signaux clairs » aux « nombreux détracteurs potentiels » de cette Conférence.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Libye : l'OMS condamne une attaque contre un hôpital à Benghazi

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a condamné fermement jeudi l'attaque armée perpétrée le 25 décembre contre l'hôpital Al Jala à Benghazi, en Libye, provoquant la panique chez les patients et les professionnels de santé et endommageant les infrastructures de l'hôpital.