Un financement flexible permet d'atteindre les populations déplacées et oubliées, selon le PAM

15 janvier 2019

Les contributions flexibles apportent au Programme alimentaire mondial (PAM) la liberté d’allouer son financement aux besoins les plus urgents, l’agilité nécessaire pour répondre rapidement à des évolutions soudaines, et les moyens de maintenir son assistance dans des crises prolongées ou moins médiatisées, selon l’agence onusienne.

« C’est assez simple : le financement flexible nous permet d’être plus rapides, performants et efficaces, et d’avoir un impact maximal pour chaque contribution reçue », a remarqué Directeur exécutif du PAM, David Beasley, dans un communiqué publié mardi.

« Plusieurs de nos gouvernements partenaires reconnaissent la valeur du financement multilatéral pour nos opérations, et les économies qu’il permet. Nous encourageons plus de donateurs à nous accorder ce type de financement : prévisible, non affecté, et utilisable sur plusieurs années », a ajouté le Directeur exécutif.

Le camp de réfugiés de Mbera, en Mauritanie, dans la région du Sahel (photo d'archives).
Photo PAM/Justin Smith
Le camp de réfugiés de Mbera, en Mauritanie, dans la région du Sahel (photo d'archives).

Près de 4 millions de personnes assistées grace au financement flexible

Selon le PAM, au Sahel, la disponibilité de financement multilatéral et flexible en début d’année lui a permis de préparer efficacement sa réponse à la pire période de soudure des quatre dernières années et d’assister plus de 3 millions de personnes pour éviter une crise alimentaire majeure.

Des allocations régulières de financement flexible aurait aidé le PAM à maintenir son soutien à près de 900.000 réfugiés rohingyas au Bangladesh, d’étendre et développer sa réponse à la crise migratoire en Colombie, ou encore d’assister les communautés du sud de Madagascar affectées par une sécheresse sévère et prolongée.

Le PAM a reçu un total de 440 millions de dollars de contributions flexibles en 2018, soit 10% de plus qu’en 2017.

Des réfugiés rohingyas traversent la frontière près du village d'Anzuman Para, à Palong Khali, au Bangladesh (archives octobre 2017).
HCR/Roger Arnold
Des réfugiés rohingyas traversent la frontière près du village d'Anzuman Para, à Palong Khali, au Bangladesh (archives octobre 2017).

La « Grande Négociation »

Selon l’accord connu sous le nom de « Grande Négociation » (Grand Bargain), conclu au Sommet humanitaire mondial de 2016, les principaux donateurs se sont engagés à augmenter progressivement la flexibilité de leur financement, et d’amener à 30% la part globale de financement humanitaire flexible en 2020.

Les gouvernements qui accordent du financement multilatéral et non affecté restent cependant une minorité. Les contributions flexibles ont représenté seulement 6% des ressources totales du PAM cette année, bien en dessous des 20% atteints en 2002.

En 2018, la Suède, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Norvège, le Danemark, l’Australie, le Canada, l’Irlande et la Belgique ont montré l’exemple en accordant des contributions flexibles importantes au PAM.

La Suisse, l’Allemagne, la Belgique et le Canada ont été les principaux donateurs du Fonds de réponse rapide du PAM (Immediate Response Account) — le financement le plus flexible du Programme qui permet de déployer une assistance d’urgence dans un délai de 24 heures suite à l’émergence d’une situation de crise.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) vient en aide aux personnes déplacées en République centrafricaine (RCA).
Photo: PAM Afrique de l'Ouest
Le Programme alimentaire mondial (PAM) vient en aide aux personnes déplacées en République centrafricaine (RCA).

 

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