Corée du Nord : la situation des droits de l’homme reste « extrêmement grave », selon un expert de l’ONU

11 janvier 2019

Un expert des Nations Unies a qualifié vendredi d’« extrêmement grave » la situation des droits de l’homme en Corée du Nord, pointant du doigt en particulier le système de camps de prisonniers politiques.

Tomas Ojea Quintana, le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC), a exhorté le gouvernement à l’autoriser à effectuer une visite dans ce pays pour qu’il puisse « entendre la voix du peuple et des autorités ».

A l'issue d'une visite de cinq jours dans la capitale sud-coréenne, Séoul, M. Ojea Quintana a déclaré que, malgré les développements positifs de l'année écoulée, il était « regrettable » que la situation des droits de l'homme sur le terrain reste « inchangée » et « extrêmement grave ».

Evoquant la vie de citoyens ordinaires, il a déclaré qu'une grande partie de la population nord-coréenne était « laissée pour compte ».

L’expert Ojea Quintana a rappelé que dans son discours du Nouvel An, le leader de la Corée du Nord avait déclaré qu’améliorer radicalement le niveau de vie de la population était est d'une « importance capitale pour le Parti et l'Etat ».

« À mon avis, il s'agit d'une reconnaissance des difficultés économiques et sociales que rencontrent les citoyens ordinaires et cela représente un premier pas important vers des mesures permettant de relever ces défis », a déclaré l'expert de l'ONU dans un communiqué de presse.

Il a appelé la communauté internationale à continuer à soutenir l'aide humanitaire vitale fournie par divers acteurs à la population de la RPDC. Il  

a réitéré un appel qu'il avait lancé au Conseil de sécurité des Nations Unies pour qu'il supervise la mise en œuvre de ses sanctions, de manière à ce qu'elles ne nuisent pas à la population de la Corée du Nord.

Des camps de prisonniers politiques

Le Rapporteur spécial a exprimé de sérieuses préoccupations concernant le système de camps de prisonniers politiques qui subsiste. « La peur d'être envoyé dans ces camps de prisonniers politiques est très réelle et profondément ancrée dans la conscience du peuple nord-coréen », a-t-il déclaré.

« La surveillance et le contrôle rapproché des citoyens ordinaires ainsi que d'autres restrictions sévères à leurs libertés fondamentales, y compris l'interdiction de quitter le pays, font partie intégrante du système de contrôle nord-coréen », a-t-il ajouté.

M. Ojea Quintana a exhorté le gouvernement de la RPDC à entamer un processus de dialogue et de renforcement de la confiance dans le domaine des droits de l'homme et a souhaité que 2019 inaugure une nouvelle ère de droits de l'homme pour la population nord-coréenne.

 

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