Violences au nord-est du Nigéria : l’ONU alerte sur la « tragédie humanitaire »

9 janvier 2019

Les Nations Unies ont exprimé mercredi leur profonde préoccupation face à la recrudescence des violences dans le nord-est du Nigeria qui a contraint des dizaines de milliers de civils à fuir leurs foyers.

Les affrontements du 26 décembre entre les forces gouvernementales nigérianes et des groupes armés non étatiques à Baga, sur les rives du lac Tchad, à environ 200 kilomètres au nord de Maiduguri, la capitale de l'État de Borno, ont provoqué des déplacements massifs de populations.

La plupart des femmes, hommes et enfants fuyant les combats convergeaient vers des camps ou sites pour personnes déplacées déjà surchargés à Maiduguri ou à Monguno (63 kilomètres au sud de Baga). Une autre tentative d'attaque contre Monguno, le 28 décembre, a aggravé la situation, provoquant de nouveaux déplacements en raison de l'incertitude créée par les affrontements.

« L'impact des récents combats sur des civils innocents est dévastateur et a créé une tragédie humanitaire », a déclaré Edward Kallon, le Coordonnateur humanitaire au Nigéria, à l'issue d'une visite à Monguno et à Maiduguri.

« Il est déchirant de voir autant de ces personnes vivre dans des camps encombrés ou dormir à l’extérieur sans abri. Les civils continuent de subir les conséquences du conflit et les Nations Unies sont extrêmement préoccupées par les conséquences de la violence dans le nord-est du Nigéria, en particulier dans l'État de Borno, sur les civils », a ajouté M. Kallon.

Plus de 30.000 personnes déplacées à l'intérieur du pays sont arrivées à Maiduguri, principalement de Baga, au cours des dernières semaines. La majorité de ces personnes sont arrivées depuis le 20 décembre, souvent au terme de voyages difficiles avec de jeunes enfants.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), 20.000 personnes déplacées sont arrivées dans le camp de Teachers’ Village à Maiduguri, un chiffre bien supérieur a la capacité d’accueil maximale du camp. OCHA ignore encore combien de personnes se sont réfugiées à Monguno, mais des dizaines de milliers de personnes ont besoin d'une aide humanitaire, notamment d’abris, de nourriture, d’eau et d’installations sanitaires.

Les violences qui frappent le nord-est du Nigéria ont entravé l'acheminement de l'aide humanitaire à des centaines de milliers de personnes dans le besoin.

Depuis novembre, environ 260 travailleurs humanitaires ont été retirés de trois zones administratives (Monguno, Kala/Balge et Kukawa) touchées par le conflit. Il s'agit du plus important retrait de travailleurs humanitaires depuis que la réponse humanitaire internationale dans le nord-est du Nigéria a été renforcée en 2016.

Si des travailleurs humanitaires ont commencé à retourner dans certaines régions afin de répondre aux besoins urgents et essentiels à la survie des populations, l’absence d'un environnement opérationnel sécurisé empêche le retour à la normale des activités de secours, souligne OCHA.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Le monde a failli à son devoir de protection envers les enfants pris dans des conflits en 2018 (UNICEF)

Des millions d’enfants vivant dans des pays touchés par des conflits armés voient leur avenir menacé alors que les belligérants continuent de bafouer leurs droits et que les dirigeants du monde échouent à leur demander des comptes, a déclaré l’UNICEF vendredi.