RDC : climat « calme mais tendu » alors que le pays attend les résultats de l'élection présidentielle

4 janvier 2019

Le climat post-électoral en République démocratique du Congo (RDC) est « calme mais tendu », alors que le pays attend les résultats du scrutin présidentiel, a déclaré vendredi le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).

Alors que selon la presse, des journalistes et des candidats de l'opposition ont été intimidés et que l'accès à certains médias était toujours bloqué, une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, a averti que les efforts visant à faire taire la dissidence pourraient se révéler « contreproductifs ».

Elle a fait ces remarques avant des consultations à huis clos sur les élections présidentielle, législatives et provinciales du 30 décembre en RDC au Conseil de sécurité de l’ONU à New York, plus tard vendredi.

Le résultat du scrutin présidentiel, pour lequel s’affrontait 21 candidats, devrait être annoncé dimanche, même si la commission électorale de la RDC (CENI) a annoncé qu’il pourrait être reporté.

« Ce que mes collègues m'ont dit et ont observé, c'est que la situation reste calme mais tendue avant l'annonce des résultats », a déclaré Mme Shamdasani. « Il y a des rapports préliminaires faisant état de poches de violence et de personnes blessées ».

Report du scrutin dans quelques districts

Le HCDH a un bureau en RDC mais n'a pas joué de rôle dans la supervision des élections qui se sont tenues avec une semaine de retard et après plusieurs reports depuis 2016. Le vote dans quelques districts de l'est de la RDC touchés par l’épidémie d'Ebola et des violences intercommunautaires a été reporté au mois de mars par la commission électorale.

Le scrutin décidera du successeur du Président Joseph Kabila, entré en fonction en 2001 après l'assassinat de son prédécesseur, son père Laurent Kabila, à la suite d'une guerre civile impliquant de nombreuses milices armées.

Mme Shamdasani a également noté que la liberté d'expression était menacée en RDC. « Les journalistes, les candidats de l'opposition et les défenseurs des droits de l'homme continuent d'être victimes d'intimidation et de harcèlement », a-t-elle déclaré. « Cette période étant très sensible et très tendue, nous craignons que ces efforts pour faire taire la dissidence ne soient contreproductifs lorsque les résultats sont annoncés. Nous surveillons attentivement la situation et nous appelons toutes les parties à s'abstenir de recourir à la violence ».

Alors que la RDC attend les résultats du scrutin présidentiel, Mme Shamdasani a également mentionné d'autres violations des droits civils : « l’Internet est coupé, le signal de Radio France Internationale (RFI) a été altéré, de même que celui de Canal Congo Télévision, qui appartient apparemment au dirigeant du MLC, Jean-Pierre Bemba », a-t-elle déclaré, faisant référence au Mouvement pour la libération du Congo.

Avant les élections, Michelle Bachelet, la cheffe des droits de l’homme des Nations Unies, a condamné le fait que la police aurait tiré à balles réelles lors de rassemblements de l’opposition.

La Haut-Commissaire avait également dénoncé l’utilisation de discours incendiaires par les dirigeants politiques et avait déclaré qu’il était essentiel que les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique soient pleinement protégés.

 

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