Yémen : les parties doivent « entièrement respecter » le cessez-le-feu à Hodeïda - Conseil de sécurité

21 décembre 2018

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a approuvé vendredi l'accord conclu entre le gouvernement du Yémen et les dirigeants du mouvement d'opposition Houthi lors des récents pourparlers soutenus par l'ONU en Suède, et a autorisé le déploiement d'une équipe préparatoire chargée de faciliter le suivi et la mise en œuvre de l’Accord de Stockholm.

Cet accord conclu à l’issue des premiers pourparlers entre les parties belligérantes en plus de deux ans, prévoit un cessez-le-feu dans la ville portuaire d’Hodeïda par où transite près de 80% de la nourriture, de l'aide médicale et carburant du Yémen. La trêve est entrée en vigueur le 18 décembre.

En adoptant à l’unanimité la résolution 2451 (2018), le Conseil « a insisté » pour que toutes les parties respectent pleinement le cessez-le-feu convenu pour le gouvernorat d’Hodeïda, ainsi que l’engagement de redéployer leurs forces aux emplacements convenus à l’extérieur de la ville et des zones portuaires « dans les 21 jours suivant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu ».

La résolution rédigée par le Royaume-Uni, exhorte également les parties à « s'engager de manière constructive, de bonne foi et sans conditions préalables » avec Martin Griffiths, l’Envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, notamment en œuvrant à la stabilisation de l'économie touchée par la guerre et à la réouverture de l’aéroport de Sanaa ainsi que l’engagement de prendre part à une nouvelle série de pourparlers de paix en janvier 2019.

Dans la résolution, les 15 membres du Conseil ont également autorisé le Secrétaire général à établir et à déployer, « pour une période initiale de 30 jours », une équipe préparatoire de suivi sur le terrain, pour appuyer et faciliter la mise en œuvre immédiate de l'Accord de Stockholm.

« Profond regret » face aux pertes en vies humaines

Le Conseil de sécurité a également exprimé son « profond regret » face aux pertes en vies humaines, aux blessures causées par le conflit et à l'utilisation d'enfants sur le champ de bataille. Il a souligné que tous les belligérants devaient veiller à ce que les civils soient protégés et autorisés à circuler en toute sécurité.

Les membres du Conseil ont également appelé toutes les parties belligérantes à se conformer au droit international en vigueur, y compris le droit humanitaire. Les parties doivent ainsi respecter et protéger les installations et le personnel médical, permettre à ces derniers un passage en toute sécurité. Elles doivent également protéger les infrastructures civiles telles que les écoles, les réseaux de distribution de nourriture fiables et les infrastructures de traitement et stockage et retirer tout personnel militaire des bâtiments et zones civils.

Le Conseil a également souligné la nécessité de permettre et de faciliter un accès sûr, rapide et sans entrave du personnel humanitaire et médical à tous ceux qui en avaient besoin, et a réaffirmé que « l'aide devrait être versée sur la base des besoins et tenir compte du genre et de l'âge ».

L'adoption de la résolution, initialement prévue pour la matinée, a été reportée au début de l'après-midi, pour donner plus de temps pour des consultations entre les membres du Conseil.

Selon certaines informations, un deuxième projet de résolution sur le Yémen rédigé par les États-Unis n'a pas été présenté au Conseil. Certains éléments du projet américain ont été inclus dans le texte britannique.

 

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